Sale temps pour le patriotisme économique

Aujourd'hui pourrait bien être une journée décisive pour le patriotisme économique.
En effet, l'OPA tuée dans l'oeuf par le gouvernement français de Enel sur GDF a visiblement irritée Bruxelles qui pense qu'il y a pu avoir une violation des règles du marché intérieur.
Ainsi, le gouvernement français est sommé de s'expliquer avant le 17 mars sur la chronologie des évènements et plus particulièrement sur le retrait prématuré de Veolia, concurrent direct de Suez, qui aurait pu faire l'objet de pressions du gouvernement français allant à l'encontre de "la liberté de circulation des capitaux et du principe de transparence et d'intégrité des opérations." (Source : L'express – 3 mars 2006 – "La France sommée de s'expliquer").

Conjointement sera aussi examinée en deuxième lecture ce jour – 6 mars – l'assemblée nationale la transposition de la directive européenne sur les OPA.

Les députés se pencheront ainsi sur deux amendements : un gouvernemental sur la création de bons de souscription d'actions dans le cas d'OPA inamicale, l'autre proposé par Arnaud Montebourg qui laisserait la possibilité au gouvernement d'interdire toute OPA considérée comme hostile par le conseil d'administration…Deux amendements qui risquent de faire "sursauter" Bruxelles qui défend la libre concurrence. (Source : Libération.fr – 6 mars 2006 – "OPA : les combattre ou pas")

L'équation risque donc d'être délicate à résoudre : d'un côté assurer la défense des intérêts économiques français en assurant la sécurité de ses champions économiques au capital fragile à un tel point que les services de renseignement les ont inscrits sur leur liste rouge du patriotisme économique (Société Générale, Saint-Gobain, Thomson, Vivendi Télécommunications …) et de l'autre côté ne pas s'attirer les foudres européennes qui veulent défendre une construction européenne basée sur la libre circulation des biens, des personnes…et des capitaux.

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