Barroso dénonce le « nationalisme économique »

UE Le président de la Commission était interrogé hier dans l'émission Le Grand Jury-LCI-RTL-Le Figaro.

« NON au patriotisme économique ». Interrogé sur la récente vague d'OPA, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a estimé « dangereux » une telle attitude qui, a-t-il dit, risque de « dégénérer en haine de l'autre ». « L'idée qu'un Etat puisse se protéger est très négative, car, si chacun évoque son nationalisme, un autre Etat pourra toujours lui opposer son propre nationalisme », a déclaré M. Barroso questionné hier dans le cadre de l'émission Le Grand Jury-LCI-RTL-Le Figaro.

Rappelant qu'un feu vert de Bruxelles à la fusion Suez-Gaz de France sera subordonné à des « critères techniques de concurrence », le président de la Le président de la Commission juge « l'idée qu'un Etat puisse se protéger très négative ». S. Rue t. Commission a estimé qu'à l'avenir, « la tendance sera à l'intégration de grands groupes européens et pas à des champions nationaux qui peuvent se trouver face à d'autres champions ». Sur fond de contestation anti-CPE en France, M. Barroso a plaidé pour la nécessité de la réforme au sein des pays de l'Union, à quelques jours du Conseil européen de jeudi et vendredi, qui sera dominé par les questions économiques et sociales. « Si la France n'a pas confiance, si elle n'a pas de dynamisme, toute l'Europe en souffrira », a-t-il-dit. « Associer protection et flexibilité, c'est possible », a-t-il poursuivi. « Si on pense que l'on peut maintenir un même niveau de revenu que dans le passé, on se trompe », a poursuivi José Manuel Barroso. « Il faut parler le langage de vérité : la réforme est inéluctable, sinon on va tous perdre ». Le président de la Commission, s'est toutefois refusé à stigmatiser les carences du « modèle français » face aux performances d'autres pays membres, comme le Danemark. « On ne peut pas parler d'un seul modèle en Europe, a-t-il précisé, il y a plusieurs modèles et un socle de valeurs communes. Nous voulons garder ces valeurs en les adaptant. »

Source : Le Figaro – Le 19 mars 2006
Auteur : Alain Barluet

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