Les représentants de Quaero refusent le surnom de “Google Européen”

A l'occasion d'une table ronde, les représentants de Quaero sont revenus sur le positionnement de ce "programme" qui refuse d'être un simple moteur…

Pas de concurrence frontale avec les géants de la recherche sur internet. A l'occasion d'une table ronde organisée par Club Sénat mardi soir à Paris, les représentants de Quaero sont revenus sur le positionnement de ce "programme d'investissement" qui refuse d'être un simple moteur de recherche multimedia. La table ronde réunissait Alain COTTE, Directeur Général du moteur de recherche EXALEAD.com, Sébastien GILLES, Directeur de la R & D et co-fondateur LTU Technologies, Daniel TERUGGI, Directeur Recherche & Expérimentation de l'INA, Philippe PABAN , Directeur du projet Quaero chez Thomson, Jean-Luc Moulet Vice-President Software & Technologies, Jean-Luc Gauvain, Directeur de Recherche au LIMSI du CNRS, Benoit Drigny, Directeur des Activités Digitalisation de Jouve, Christiane Schwartz, Chef de Projet Quaero chez France Telecom et enfin le Sénateur Pierre LAFFITTE, Vice-Président de l' Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques.

"Quaero est parfois présenté par la presse comme un Google Européen ou un Airbus de l'internet mais c'est avant tout un programme d'investissement mutualisé visant à créer une filière autour de l'indexation, de la traduction, de la recherche, de la sécurisation et de la distribution des contenus numériques" a expliqué Jean-Luc Moulet. Même si la recherche multimedia est la priorité de Exalead (recherche plein texte), LTU (recherche d'images par similarité) ou Vecsys (Traduction de la piste audio en texte), le groupe Thomson développe de son côté des solutions de gestion des actifs numériques ou d'accès à ces mêmes contenus depuis un téléviseur, l'INA se penche sur le reconditionnement du patrimoine numérique, France Telecom réfléchit aux moyens d'animer ses portails internet tandis que Jouve travaille sur les problématiques de numérisations de documents pour les futures bibliothèques numériques. Directeur de Recherche au LIMSI du CNRS, Jean-Luc Gauvain a également profité de la conférence pour présenter AudioSurf, une application développée avec Vecsys permettant non seulement de retranscrire en temps réel la parole sous forme de texte mais également de la traduire dans n'importe quelle langue européenne puis de la synthétiser vocalement, toujours en temps réel.

Outre la possibilité de remplacer des traducteurs sur des conférences internationales, ce type d'application permettrait de retranscrire sous forme écrite sur le web les contenus de chaînes de télévisions françaises ou étrangères et d'y donner accès à n'importe quel internaute, quelle que soit sa langue. Tous ces projets bénéficient d'une enveloppe globale de 250 millions d'euros sur 5 ans dont 90 millions sous forme de subventions publiques de l'agence pour l'innovation industrielle mais chaque partenaire dispose de son propre modèle économique, qu'il s'agisse de vendre des licences logicielles pour Thomson, de vendre des contenus numériques pour France Telecom ou l'INA, ou de vendre une audience, avec les futurs liens sponsorisés d'Exalead.

"La révolution numérique s'accompagne d'une explosion de la quantité de contenus disponible sur le web et un programme comme Quaero permettra aux entreprises françaises de répondre à ce nouveau défi" a conclu le sénateur Laffitte, insistant également sur l'importance de l'équilibre financier du projet. Malgré le retard pris par les partenaires allemands et les sommes colossales investies par Yahoo, Google ou Microsoft sur le segment de la recherche en ligne, Quaero devrait en tout cas réussir son pari de créer une filière européenne dans le multimédia. Reste à attendre le feu vert de Bruxelles pour lancer officiellement le projet et espérer voir les premières applications BtoB ou BtoC, peut-être dès la fin de l'année 2006.

Source : Net Economie – Le 24 mai 2006
Auteur : Jérôme Bouteiller

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