Yahoo! se réorganise pour stopper l’ascension de Google

Le portail, qui perd du terrain sur Google, se met en ordre de bataille afin de mieux attirer les ressources publicitaires.

YAHOO! n’a pas tardé à réagir. Terry Semel, le président de ­Yahoo!, a annoncé hier qu’il réorganisait l’entreprise pour redynamiser sa croissance. Mis sur le grill, il y a quelques semaines, par Brad Garlinghouse, un dirigeant du groupe, dans une note interne intitulée Le Manifeste du beurre de cacahuète, le président de ­Yahoo! a décidé de remettre de l’ordre.


Le directeur général, Dan Rosensweig, est renvoyé. Il quittera ses fonctions en mars prochain. Dès janvier, les activités de Yahoo! seront scindées en trois pôles. Deux activités seront dédiées aux clients : la première, dénommée « Audience Group », est consacrée aux utilisateurs du portail. Son but : s’appuyer sur les produits existants (moteur de recherche, communautés et communications, réseaux sociaux…) pour ouvrir de nouvelles opportunités aux utilisateurs de Yahoo!, qui pourront accéder aux outils et services du portail sur les téléphones mobiles et sur tous les autres accessoires numériques.

Une autre division, intitulée « Avertiser and Publisher Group », réunit les « vrais » clients avec lesquels le portail entretient des relations commerciales. Cette entité doit clairement gonfler les recettes et mieux séduire annonceurs, agences de publicité, petits commerçants également annonceurs locaux, et éditeurs…

Cette division sera dirigée par Susan Decker, directeur financier du groupe depuis 2000. Enfin, la troisième entité se consacrera à la technologie. Dirigée par Farzad Nazem, elle doit alimenter l’ensemble de l’organisation. Cette division aura notamment la charge de Panama, la nouvelle plate-forme publicitaire de Yahoo! Elle devra imaginer les innovations technologiques de demain. « L’Internet continue à croître et à évoluer à un rythme rapide. Nous redessinons Yahoo! pour qu’il soit un leader de cette transformation, comme nous l’avons fait avec succès il y a cinq ans », a expliqué Terry Semel.

Bataille de partenariat

Cette simplification des activités du groupe a surtout pour ­objectif d’améliorer l’efficacité commerciale du concurrent de Google. Selon l’institut eMar­keter, les recettes publicitaires de Yahoo! devraient atteindre 2,9 milliards de dollars en 2006, contre 4 milliards pour Google. Or les deux groupes étaient ex aequo en 2005. Il est vrai que financièrement Yahoo! ne remporte pas les mêmes succès que Google. Au troisième trimestre, Yahoo! a vu son résultat opérationnel chuter de 25 % en passant de 270 millions de dollars l’année précédente à 202 millions de dollars. Sa trésorerie disponible est également en baisse. Elle a chuté de 16 % par rapport à l’année précédente, passant à 288 millions de dollars.

Les deux titans de l’Internet s’affrontent également à coups de partenariats stratégiques. Il y a une semaine, Yahoo! claironnait qu’il venait de nouer une ­alliance avec Vodafone, dont il ­devenait la régie publicitaire exclusive. Hier, Google s’est félicité d’avoir noué un partenariat avec le premier groupe européen de télévision payante BSkyB. Les deux groupes vont collaborer dans les domaines de la vidéo, de la communication, des moteurs de recherche et de la publicité. BSkyB, qui offre télévision et Internet à haut débit à ses abonnés, compte sur les nouvelles ressources publicitaires que Google lui apportera. Yahoo! ne devrait pas tarder à riposter.

Auteur : Valérie Collet – Le 7 décembre 2006

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