Dossier du CFPJ sur les médias et l’intelligence économique

De nombreux blogs en intelligence économique ne peuvent que vitupérer à l’encontre des journalistes qui ne connaissent peu ou pas l’intelligence économique et ne se privent pourtant pas d’employer le terme en pointant du doigt une puissance (financière et) étatique anglophone qui s’ingénue à piller par toutes les manoeuvres les plus viles et retorses notre savoir et nos compétences, et aussi nos fleurons industriels.

Pourtant le blog "Les Médias et l’Intelligence Economique" nous a déniché un petit PDF for instructif rédigé par des étudiants du Centre de Formation et de Perfectionnement des journalistes.

J’ai trouvé le dossier particulièrement intéressant et bien rédigé. Les propos sont nuancés et essaient d’appréhender les forces en présence lorsqu’une affaire d’"intelligence économique" en arrive au traitement médiatique.

L’"affaire" Otor-Carlyle (presque aussi comique que l’affaire Danone-Pepsi Co) est détaillée autant que faire se peut. L’affaire Gemplus – véritable catalyseur de la prise de conscience étatique – est illustrée judicieusement par des propos de Nicolas Moinet dixit « Mais ces problèmes de sécurité économique sont des débats d’experts qui n’intéressent pas les journalistes, constate Nicolas Moinet. Ils bougent seulement à partir du moment où il y a des délocalisations et des plans sociaux. En l’occurrence, comme les syndicats ont crié au loup sur le pillage, ils se sont focalisés là-dessus. »

Bref, un travail qui prouve à ceux qui en douteraient que les journalistes sont tout à fait capable de faire un vrai travail de fond sur l’intelligence économique et que comme nous ces derniers sont souvent soumis à une logique de rentabilité qui peut les pousser à l’utilisation de titres accrocheurs et de papiers expéditifs.

Une fois n’est pas coutume je vais laisser la parole à notre Bernard préféré qui le dit bien mieux que moi dans ce document :

"- L’intelligence économique est-elle correctement traitée dans les médias français?
– B.C. : Non, l’intelligence économique est très mal traitée, d’abord parce que les journalistes ne lisent pas. Ils sont soumis à la même pression que les élus (NDLR : Bernard Carayon est député du Tarn et Maire de Lavaur), toujours dans l’urgence. Ils n’ont pas le temps de lire et, en particulier, de lire les rapports qui ont été consacrés à la question, comme le rapport Martre (en 1994) ou le mien plus récemment (2003). L’AFP continue de m’interroger sur l’espionnage, ce qui prouve qu’ils ne connaissent pas le sujet et qu’ils n’ont pas le temps de réfléchir. Le plus souvent, les journalistes se contentent de compiler des dépêches."

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