J’ai testé et j’ai apprécié Visibrain

Il y a un grand engouement pour les éditeurs de logiciels en SaaS autour de Twitter. En même temps, qui ne serait pas tenté de parier sur un nombre d’utilisateurs croissant et sur une nouvelle façon de concevoir les mécanismes de transmission et de propagation de l’information qui ont bouleversés notre relation à cette dernière.

<PARENTHESE>Dès ses début Twitter a vu son écosystème applicatif croître grâce à l’ouverture de son infrastructure via ses APIs à l’époque très ouvertes. Aujourd’hui malheureusement fini l’open bar sur la donnée… fini cette si belle ouverture des tuyaux. Une fois bankable, Twitter se referme, se monétise, et vend son temps de cerveaux. Finalement ils sont comme les autres “big” du Web.</PARENTHESE>

Bref, les marques s’inquiètent de savoir ce qui se dit sur Twitter. Elles veulent surveiller, écouter, comprendre, et pourquoi pas vendre.

Et pour cela les outils, c’est utile.

Visibrain fait partie de ces plateformes qui permettent de collecter de la donnée Twitter en fonction de requêtes par mots clés, mais également d’autres méta données (mots clés dans le profil, zone géographique quand elle est renseignée, nombre de followers du publiant,  liens vers un site web en particulier,…) et de faciliter la navigation à l’intérieur de ces données de façon simple, interactive.

Comment fonctionne Visibrain :

  • Tout d’abord il faut paramétrer ses corpus de tweets (“concepts”). Pour cela selon votre formule soit vous avez le champ libre soit ils sont paramétrés par l’équipe Visibrain. Il est possible de faire des groupes de comptes sur lesquels l’on va requêter par mots clés, de cibler un compte en particulier et d’appliquer des critères de filtres (par exemple “tweets contenant un lien”, tweets contenant un lien vers site ww.truc.com, etc). L’équipe Visibrain a constitué des panels “prêts à l’emploi” de comptes de son côté. Par exemple “politique” ou “presse française”. On notera que c’est la tendance lourde des solutions de veille intégrant Twitter aujourd’hui. Les corpus sont de plus en plus préparés par le prestataire. En effet il faut désormais acheter ses tweets à des revendeurs tels que Gnip (comme le fait Visibrain) ou Datasift. L’éditeur essaie de limiter ainsi la surconsommation tout en offrant une vision exhaustive des tweets et non pas une sélection échantillonnée comme c’est le cas lorsque l’on passe par les APIs.
  • Une fois ces corpus paramétrés vous pouvez switcher de l’un à l’autre facilement et commencer à décrypter et à plonger dans les données. Le tableau de bord est assez complet. Rien de réellement innovant mais une interface claire, complète, fonctionnelle, fluide. On trouvera 4 onglets principaux dans le dashboard : “overview”, “analysis”, “data”, “alerts”:
  1. L’onglet overview comporte un graph de tendances volumétriques, les principales expressions et hashtags, quelques tweets, une vue de quelques profils de tweetos, des analyses par type de liens (images, text), les tops domains, et une analyse démographique (pays, langue, sexe, audience, …à prendre avec des pincettes étant donné le faible remplissage de ces variables par les utilisateurs. Gros point fort : tout est cliquable ou presque. Cliquez sur un profil pour faire un focus sur un tweetos, un hashtag pour recentrer sur un mot clé, … et à chaque fois tous les graphes se mettent à jour à une vitesse relativement impressionnante. Le système est extrêmement efficace pour faire du “drill down” et inspecter son corpus de tweets selon de multiples angles d’analyse.
  2. L’onglet “Analysis” est le plus intéressant selon moi. Il permet de rentrer rapidement dans le contenu en extrayant les concepts, mots clés et hashtags les plus utilisés, le tout en minimisant le bruit et les mots creux ou inintéressants. On y retrouve les hashtags, expressions, adjectifs et mentions. d’autres sous-onglets permettent de creuser les “demographics” et les liens présents dans les tweets.
  3. L’onglet “data” permet quant à lui un focus sur les contenus originaux les plus explosés, sur les utilisateurs et offre une visualisation pratique et interactive comportant entre autre pour chaque compte le niveau d’audience, le taux d’activité, la langue, le site web. Il permet aussi de suivre directement les tweetos via l’interface Visibrain.
  4. L’onglet “alerts” permet de paramétrer un push mail à partir du moment où l’un des corpus de tweets constitue dépasserait un certain seuil d’activité.

Les tarifs :

Ils vont de 800  HT / mois à … plus…

Les variables de tarification sont principalement le nombres de corpus de collecte et le nombre d’utilisateurs.

Points faibles :

Un prix selon moi un peu élevé pour une solution “Twitter only” mais il faut dire que les solutions de social media monitoring ont mis une claque aux petits écureuils depuis qu’il faut acheter ses tweeets.

Le manque d’interface cartographique relationnelle. Twitter c’est un réseau et malheureusement peu de solutions tirent parti des liens matérialisés entre les utilisateurs. On sait qui a retweeté mais on reste sur du premier niveau de relation directe. Rien d’autre. Il n’y a que Trendy Buzz pour moi qui a commencé à faire des choses sympas sur le sujet en intégrant Gephi et Sigma.js dans ses interfaces de visualisation.

Points forts :

Indéniablement Visibrain bénéficie d’une ergonomie étudiée, agréable et rapide. Ca change… Pour ne pas les citer Radian 6 nous inflige encore ses interfaces en Flash moyenâgeuses et ses temps de réponse qui facilitent la sociabilité en entreprise (en buvant du café, en fumant des clopes, pendant que ça charge…) (NDLR : j’apprécie par ailleurs beaucoup Radian 6 qui a un sourcing très complet par rapport aux autres solutions…)

Autre point fort de Visibrain par rapport à ses concurrents : la possibilité d’exporter les tweets en texte intégral avec également différentes méta données… même si un petit disclaimer précise que c’est pour usage “personnel” et pas pour publication. :)

Une solution qui est focalisée sur Twitter donc mais qui fait bien son boulot et c’est peu de le dire. La prise en main est instinctive et immédiate. Le fait que tout ou presque soi cliquable permet de vraiment naviguer de façon avancée dans son corpus et de le faire parler (autant que faire se peut).

Quelques copies d’écran :

Onglet overview de Visibrain sur un concept

Onglet “Analysis” par hashtag

Onglet “Analysis” par utilisateur

Bon pour la petite histoire, il paraîtrait que Visibrain a dans ses références clients “François Hollande” (pour sa campagne et désormais les Services d’Information du Gouvernement… Si ça c’est pas un signe de qualité avec tout le job qu’ils ont en ce moment sur les médias sociaux…

Tags: , , , ,

Une réponse à “J’ai testé et j’ai apprécié Visibrain”

  1. acx01c 24 juin 2016 à 5 h 42 min #

    Sauf que c’est plus pour faire joujou, vu comment twitter est une niche difficilement analysable (qui pense quoi) et peu représentative.

Laisser une réponse