Actulligence.comIntelligence Economique / » http://www.actulligence.com Intelligence économique, veille stratégique, veille concurrentielle et veille image Tue, 07 Feb 2012 12:21:28 +0000 en hourly 1 http://wordpress.org/?v=3.2.1 Cogito Exposition 2011 – Salon Intelligence Economique et Réseaux Sociaux http://www.actulligence.com/2011/10/16/cogito-exposition-2011-salon-intelligence-economique-et-reseaux-sociaux/ http://www.actulligence.com/2011/10/16/cogito-exposition-2011-salon-intelligence-economique-et-reseaux-sociaux/#comments Sun, 16 Oct 2011 09:08:25 +0000 Frédéric Martinet http://www.actulligence.com/?p=1792 Cogito Expo 2011 - Salon Intelligence Economique et Réseaux SociauxLe 18 octobre à Strasbourg se tiendra la deuxième édition du salon Cogito Exposition, un salon dédié à l’intelligence économique et également aux réseaux sociaux d’entreprise.

La première édition avait été riche en conférences et ateliers intéressants, qui bien éloignées de l’approche des salons parisiens privilégiaient le fond à la démarche commerciale.

Cette année devrait être encore plus enrichissante avec un nombre d’exposants plus importants, toujours autant de conférences et d’ateliers et un nombre de visiteurs attendus en nette augmentation.

Parmi les ateliers vous trouverez les thématiques et les intervenants suivants :

  • Modération – Charte réseaux sociaux – mentions légales : comment faire ? – Catherine Ertzscheid
  • Le mind mapping vecteur de « l’intelligence partagée » – Pierre Yves Debliquy – Bloggeur – Brainsfeed
  • La cartographie – Frédéric Datchary – PIKKO Software
  • L’évolution des compétences du veilleur – Camille Alloing – Bloggeur – caddereputation.over-blog.com
  • Et, mettre en place une veille Image  – Frédéric Martinet – Actulligence Consulting – Bloggeur – www.actulligence.com

Comme l’année passée, j’aurais donc le plaisir de vous retrouver sur Cogito Expo, en tant tout d’abord que consultant spécialisé dans la mise en place de dispositifs de veille dans les entreprises, mais également en tant que blogueur, et j’essaierai tant que faire se peut de concilier la présence sur le stand d’Actulligence Consulting où vous pourrez me retrouver et couverture du salon !

En fin d’aprés-midi, à 17 h , le Bar de l’Intelligence Economique réunira, pendant un moment informel, blogueurs qui livreront leurs impressions sur Cogito  Expo 2011, exposants, visiteurs.

Donc en conclusion, si votre journée du 18 n’est pas encore bookée, si vous êtes alsacien ou bien si vous n’avez pas peur de prendre le train pour vous joindre à vous, vous serez tous les bienvenus.

Quant à moi je serai disponible sur le stand d’Actulligence Consulting pour répondre à vos questions, pour vous parler de mon travail et échanger autour de vos projets liés à la veille et à l’intelligence économique.

Pour suivre Cogito Expo sur Twitter, un seul hashtag : #coex11 et le compte Twitter cogitoexpo

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Regards croisés sur la veille – e-book collaboratif http://www.actulligence.com/2011/07/07/regards-croises-sur-la-veille-e-book-collaboratif/ http://www.actulligence.com/2011/07/07/regards-croises-sur-la-veille-e-book-collaboratif/#comments Thu, 07 Jul 2011 17:24:33 +0000 Frédéric Martinet http://www.actulligence.com/?p=1773 J’ai pris un immense plaisir à participer à l’e-book sur la veille avec foultitude de professionnels de la veille et de l‘intelligence économique.

Beaucoup de gens que je considère comme des amis dans ce livre. Des gens au contact de qui j’ai beaucoup appris et avec qui les discussions sont souvent animées et toujours très intéressantes.

Pour ma part j’ai commis un article sur la qualification des sources d’information et de l’information d’ailleurs (page 66).  Chose qui me tient vraiment à coeur car il s’agit pour moi du fondement même du métier de professionnel de l’information.

Un fondement que je vois trop souvent ébranlé à travers les agissements de blogueurs, de journalistes qui se laissent aller à l’approximation, à l’interprétation hasardeuse, à la retransmission hative.

Je vous en souhaite une bonne lecture, de mon article et aussi bien évidemment de ceux de tous les auteurs qui ont pris sur leur temps pour partager un petit peu de leur expérience et de leurs réflexion sur ce métier qui, malgré l’énergie qu’il nous demande à tous au quotidien, nous réunit autour d’une même passion, celle de l’information et de son utilisation.

Attentions spéciales à :

  • Christophe Deschamps, tout comme moi un vieux de la veille qui sévit depuis fort fort longtemps sur le Web et vous guidera dans la « Typologie et les critères de choix des outils gratuits ».
  • Thibault Souchet, sur la veille et la presse d’opinion en ligne. Merci à lui pour les billets toujours très intéressants qu’il rédige.
  • Gautier Barbe, notre monsieur Loyal de la veille. Défenseur des valeurs vestimentaires britannique et de la vraie musique française. Veillelabeur devant l’éternel. Merci à lui pour le temps qu’il consacre à faire vivre dans tous les espaces sociaux la communauté de la veille et qui lui ont permis de connaître « le business de la veille en France » et de le partager avec vous.
  • Flavien Chantrel, coordo’. Merci à lui car grâce à lui je n’étais pas le plus en retard ! :) Avec ce livre il a su montrer que la veille est un des pilliers du community management et que nous ne sommes pas les derniers pour manager notre communauté en dehors des schémas traditionnels de pub, de collecte d’email, de business. Profitez librement gratuitement, sans montrer patte blanche du résultat de ce travail.
  • Antoine Montoux, parti trop tôt au Canada / Québec… « Analyse automatique des sentiments, où en est on ??? » (nous on le sait mais on vous laisse le découvrir. Et c’est l’occasion de vous rappeler ce bon article que Michelle m’avait fait le plaisir d’écrire. Sentiment analysis blablabla par Michelle Chmielewski.
  • Isabelle Guyot, « Veille et Innovation » Aller Isabelle, maintenant il ne te reste plus qu’à faire rentrer l’innovation à l’ADBS !

Et tous les autres car avoir des attentions spéciales c’est faire des choix pour une occasion et que de toute façon tous les articles de cet ouvrage se doivent d’être lus par ceux qui oeuvrent en tant que veilleur !

Ebookveille collaboratif – Regards croisés sur la veille

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Intelligence économique et veille stratégique : une approche juridique de l’utilisation de logiciels http://www.actulligence.com/2011/03/29/intelligence-economique-veille-strategique-cadre-juridique/ http://www.actulligence.com/2011/03/29/intelligence-economique-veille-strategique-cadre-juridique/#comments Tue, 29 Mar 2011 20:05:57 +0000 Frédéric Martinet http://www.actulligence.com/?p=1759 Le 11 janvier 2011, dans le cadre d’un procès opposant un particulier à la société CDiscount, le Tribunal de grande instance de Bordeaux a acquitté le dit particulier Cédric M. qui comparaissait pour entrave au bon fonctionnement d’un n système automatisé d’un traitement de données, en l’état le site d’une des filiales de CDiscount : www.lecomptoirsante.com.

Fait particulier, Cédric M. reconnaissait avoir effectivement mené une veille concurrentielle sur le site www.comptoirsante.com avec un logiciel automatisé, qui aurait éventuellement pu générer un dysfonctionnement temporaire du site, assimilable à un déni de service.

Ce fait divers juridique m’a semblé le moment approprié pour essayer de rédiger une synthèse de quelques aspects juridiques liés à la veille et des précautions devant éventuellement prises lorsque l’on souhaite mener une veille qu’elle soit concurrentielle ou liée à l’image de son entreprise à la fois sur le périmètre à l’extérieur de l’entreprise mais également à l’intérieur de l’entreprise. On y trouvera donc également des éléments liés au contrat de travail.

J’insiste sur le fait que je n’ai que des notions très basiques de droit, et que ce que je vous livre c’est principalement mon interprétation de certains aspects règlementaires et juridiques pouvant avoir un impact sur la conduite de la veille. Une synthèse et des conclusions personnelles qui finalement conditionnent en grande partie ma façon de conseiller mes clients et de travailler également pour eux.

1)    Les problématiques juridiques liées à la veille : présentation

La veille sur internet est un processus qui fait face à de multiples problématiques juridiques que nous développerons :

  • La notion d’atteinte à un système de traitement automatisé
  • Le respect des conditions générales d’utilisation
  • L’utilisation des moyens informatiques pendant son temps de travail
  • La notion de respect de la vie privée

Nous développerons ces différents points sachant que l’approche juridique est une approche souvent complexe et particulièrement dans ce cas où elle fait appel à des notions de respect de la vie privée dans l’absolu, à des relations contractuelles (contrat de travail), à des accords tacites (CGU) et à une jurisprudence mouvante et non encore convergente, le tout dans un environnement international aux frontières floues (Internet.)

2)    La notion d’atteinte à un système de traitement automatisé

En dehors de la notion de furtivité de la veille, que devrait se poser toute entreprise qui met en place une démarche active de surveillance de son environnement sur Internet, l’entreprise réalisant une veille sur Internet devra prendre soin de ne jamais porter atteinte au bon fonctionnement d’un site web qu’elle surveille.

En effet, lors des processus automatisés de veille sur Internet, l’on peut être amené à déployer des logiciels qui iront régulièrement visiter des sites Web.
Ces automates se comportent comme un internaute qui visite un site Web. Ils ouvrent des pages Web provoquant une sollicitation du serveur hébergeant le site Web proposé.

Dans l’hypothèse où les logiciels de veille seraient mal paramétrés, ils pourraient sur-solliciter le site web (en exécutant des processus de crawl simultanés et à trop haute fréquence) et provoquer ainsi un dysfonctionnement. Du site visité.

Si l’on prend l’exemple d’un logiciel comme Website Watcher sur lequel j’ai récemment eu l’occasion de publier un support de formation, ce dernier permet de gérer plusieurs aspects permettant de limiter l’impact négatif sur le site web surveillé :

  • Il est possible de diminuer le nombre de crawleurs simultanés dans les options générales du programme [ options générales du programme | vérification | connexion ]  (nombre maximum de connexions simultanées par serveur HTTP).
  • Il est possible d’augmenter le délai entre le téléchargement successifs de deux pages d’un même serveur ce qui a le double avantage de limiter l’impact négatif mais également d’augmenter la furtivité, le logiciel adoptant ainsi un comportement plus proche de celui d’un internaute.
  • Il est possible de ne pas télécharger les images du site web surveillé. Les images sont souvent les éléments les plus lourds d’une page web et impactent donc plus lourdement l’infrastructure.

Dans ce cas présent, l’entreprise réalisant la veille tombe alors sous le coup du code pénal selon l’article 323-2 (et accessoirement 323-5) :

Ces articles sont ceux sur lesquels s’est appuyé CDiscount pour assigner Cédric M.

On comprendra par ailleurs aisément que la furtivité est un point qui permet de prêter un peu moins le flanc à son concurrent. En effet, si un concurrent détecte votre crawler à cause d’un manque de furtivité il sera peut-être plus tenté d’engager des poursuites judiciaires y compris si le dysfonctionnement provoqué sur son site Web est mineur.

La furtivité de la veille est d’ailleurs évoquée dans ce même jugement puisque le prévenu admet avoir utilisé des IP anonymisées, mais que le site www.lecomptoirsante.com s’étant défendu contre ce qu’il considérait comme une attaque a bloqué le logiciel de veille ce qui a amené le veilleur à se connecter d’un poste ne disposant pas du même système d’anonymisation.

En conclusion du jugement CDiscount / Cédric M., il est par ailleurs précisé que CDiscount n’a pas pu produire de preuve tangible du dysfonctionnement provoqué par l’action de veille. Il ne faudrait donc pas penser qu’il s’agit là d’une jurisprudence dédouanant le veilleur de connaître ses logiciels et de limiter l’impact de ces derniers sur les systèmes qu’il observe.

3)    Le respect des Conditions Générales d’Utilisation

[NDLR : il s'agit du passage sur lequel je suis probablement le moins certain de mon interprétation et je reste ouvert à toutes remarques ou compléments d'information à ce sujet]

Les conditions Générales d’Utilisation sont un accord passé entre l’éditeur d’un site et celui qui l’utilise.

Les CGU, le plus souvent, ont pour principale conséquence lorsque l’on ne les respecte pas, de se faire bannir du site (pour ceux dont l’accès nécessite un compte).

En effet, pour que l’infraction à cet accord  soit opposable juridiquement, il faudrait qu’il s’agisse d’un contrat, qui, en droit français demande un certain formalisme (signature physique ou électronique) afin de d’assurer que les parties co-contractantes sont pleinement informées.

Prenons pour exemple les CGU de Facebook qui précisent 2 points plus particulièrement applicables aux activités de veille dans le paragraphe alloué à la sécurité :

« 2.    Vous n’obtiendrez pas d’informations concernant des utilisateurs ou les contenus qu’ils publient, et n’accéderez pas à Facebook à l’aide de méthodes automatisées (telles que robots, araignées, etc.) sans notre permission.
11.   Vous n’agirez pas d’une manière qui pourrait désactiver ou autrement empêcher le bon fonctionnement du Service Facebook (comme une attaque entraînant un refus de service).
»

On y retrouve précisément le point évoqué précédemment qui par ailleurs trouve un écho en droit français dans le code pénal. La seule différence est que le droit français statue sur le résultat. Les CGU vont plus loin en interdisant la méthode de collecte automatisée quel que puisse être l’impact ou le non impact sur le bon fonctionnement de Facebook.

Toutefois il semblerait qu’à partir du moment où ce crawl est respectueux et ne perturbe pas le fonctionnement de Facebook, la clause des CGU ne soit pas condamnable au regard du droit français.

Il faut toutefois faire attention à ne pas être identifié car en cas de non-respect de ces CGU, Facebook pourrait par exemple supprimer tous les comptes Facebook, Fan Page ou Groupes rattachés.

Par ailleurs, il faut noter que nous avons pris Facebook pour exemple mais que quasiment tous les sites demandant une identification et permettant la publication de contenu ont des CGU de ce type qui s’appliquent.

Attention également, dans certains pays, et selon comment l’utilisateur valide avoir accepté les CGU, elles peuvent être considérés comme contractuellement opposables.

4)    Le respect des obligations liées au contrat de travail

L’utilisation des moyens informatiques sur son lieu de travail est soumise à plusieurs cadres juridiques :

  • Le droit lié au contrat de travail et à la relation employeur salarié

Contractuellement l’employé doit l’intégralité de son temps de travail à son employeur. Il ne peut être autorisé qu’en cas de nécessité et de façon réduite et minime à avoir une activité personnelle pendant son temps de travail. La durée tolérable « minime et réduite » est à l’appréciation du juge sachant que les dernières jurisprudences réduisent ce temps à une portion très congrue. Les dernières jurisprudences ont pu être plus restrictives que les précédentes qui considéraient qu’un temps de « surf » personnel pouvait être acceptable « au regard des missions et de la charge de travail. » Quoiqu’il en soit, l’interprétation de ce que doit être un temps résiduel revient au juge, cette notion n’ayant pas été clairement définie en termes de durée.

  • Le respect de la vie privée

L’employeur ne peut mettre en place des systèmes de surveillance de l’activité de ses salariés sur Internet (et ailleurs) sans l’en avoir préalablement informé.

  • La charte d’utilisation des moyens informatiques, qui définit l’utilisation des moyens informatiques sur le lieu de travail et dont l’infraction peut être sanctionnée par l’employeur.
  • Le traitement des données personnelles (CNIL), qui interdit la collecte d’informations personnelles non déclarée auprès de la CNIL lorsque les informations collectées vont au-delà des nécessités de l’entreprise (par exemple des fichiers contenant des appréciations personnelles et subjectives.)

En conclusion, il pourrait être possible à l’employeur de mettre en place des systèmes de veille « internes » pour détecter les publications de contenus sur les réseaux sociaux et plus généralement sur Internet par ses salariés mais  la plus grande attention devrait être portée à la démarche, à sa formalisation et à son information auprès des intéressés. Tact et modération sembleraient donc être de rigueur !

5)    La notion de respect de la vie privée

Il s’agit d’une notion très complexe à définir en droit français car elle est n’est pas définie de façon positive. Autrement dit le droit français définit les infractions à la vie privée sans jamais définir le contour exacte la vie privée.
On peut toutefois dire sans se tromper, qu’en dehors de son temps de travail, l’employé est libre de ses activités.

Cela ne veut pas pour autant dire que le salarié est libéré de son devoir de réserve, de confidentialité, de loyauté et de fidélité à l’égard de son employeur.

Le salarié n’a donc pas le droit :

  • De dire du mal de son employeur, ni de le dénigrer ;
  • De dévoiler des « informations confidentielles », la notion d’information confidentielle gagnant à être formalisé par l’employeur pour être pleinement opposable à l’employé qui l’enfreindrait limitant ainsi l’interprétation faite par le juge.

L’employeur n’a toutefois pas lieu de présumer que le salarié va enfreindre ses obligations et toute procédure de surveillance d’un employé pendant son temps libre relèverait de l’espionnage et pourrait constituer une atteinte conséquente à la vie privée.

Pour rapporter ces éléments à un dispositif automatisé de veille sur Internet :

  • A partir du moment où l’employeur surveille l’apparition d’un nom de marque ou de produits ou de noms de sites de production sur Internet aucun reproche ne semblerait pouvoir lui être fait si par ce moyen il détecte des publications faites à titre personnel par l’un de ses employés.
  • Si l’employeur mettait en surveillance le nom de toute ou partie de ses employés sans aucune mention faite au nom de l’entreprise, d’une de ses marques alors l’employé incriminé pourrait considérer qu’il s’agit d’une atteinte à sa vie privée.

La jurisprudence sur ce dernier point, et sur les réseaux numériques est toutefois extrêmement faible voire inexistante mais l’interprétation que je vous propose semble être une règle de prudence évidente à adopter en l’absence de jurisprudence.

Conclusion

Inutile de commenter en disant qu’il ne s’agit pas ici d’une liste exhaustive du cadre juridique pouvant s’appliquer au processus de veille. Je pense que traiter de tous les tenants et aboutissants juridiques liés aux activités de veille pourrait d’ailleurs faire l’objet d’une thèse conséquente et intéressante.

Je n’ai par exemple ici pas abordé les aspects liés au Droit d’auteur sur lesquels je me suis déjà exprimé précédemment et qui sont clairement un cadre juridique à prendre en considération dans tout processus de veille stratégique. Je n’ai pas non plus détaillé outre mesure la constitution de fichiers de données personnelles issues de la veille problématique à laquelle on peut particulièrement être confronté lors de veille image ou de démarche d’e-réputation lorsque l’on cherche à identifier des « influenceurs ».

J’ai bien évidemment passé sur la très polémique LOPPSI 2 et sur les nombreuses questions juridiques qu’elle soulève. J’ai volontairement ignoré la loi en préparation sur le secret des affaires qui n’existe pas encore et qui n’existera je l’espère jamais.

J’espère toutefois que ce billet posera quelques jalons intéressants, quelques bases de réflexion à destination des responsables intelligence économique et veille stratégique. C’est sa principale et seule ambition.

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Intelligence économique et veille : avenir et devenir http://www.actulligence.com/2011/03/22/intelligence-economique-veille-aveni/ http://www.actulligence.com/2011/03/22/intelligence-economique-veille-aveni/#comments Tue, 22 Mar 2011 20:29:43 +0000 Frédéric Martinet http://www.actulligence.com/?p=1745 L'Avenir de l'intelligence economique et de la veilleIl n’y a pas si longtemps que cela j’étais contacté pour participer à un livre blanc collaboratif sur la veille et son avenir en 2011 (à paraître prochainement).

Pour différentes raisons, qui  ne sont nullement l’objet de ce billet j’ai décliné cette invitation. Il n’empêche que le sujet m’intéresse et qu’il me semblait pertinent de prendre le temps de répondre à cette question.

Je ne suis nullement un devin, et je me considère encore moins comme un gourou, alors bien évidemment il faudra prendre ces prévisions pour ce qu’elles sont : ma vision, voire même mes envies ou mes illusions,  de ce que pourrait devenir la veille en 2011 et soyons fous, peut-être même 2012.

1) Une veille attachée à créer de la valeur

La vision anglo-saxonne de la veille est rationaliste. Souvent basée sur les chiffres, les données factuelles et formelles que l’on peut extraire du Web ou de toute autre source d’information. Elle permet d’alimenter des bases de données internes, des Wikis, des Systèmes d’Information et d’Aide à la Décision au sens Business Intelligence du terme, et de procéder à des arbitrages essentiels pour l’entreprise : décision de rapprochement en vue d’un rachat ou fusion avec une autre entreprise, estimation des capacités de production nécessaires à mobiliser et particulièrement du couple quantité / prix le tout par zone géographique.

La veille dans les pays anglo-saxons c’est aussi la différence organisationnelle souvent nette entre « business analysts » et  « information researchers ». Ainsi les « information researchers » permettent aux business analysts de lever certaines ombres liées à une problématique d’analyse marché spécifique. La création de valeur liée à l’analyse et aux arbitrages qu’elle permet de faire est ainsi une chaîne verticalisée dans laquelle le spécialiste de la recherche d’information a des savoirs faire bien spécifique qui lui permettent de cerner une demande d’information, de la mener à bien, et d’en communiquer les résultats sous une forme optimale. L’analyste connaît lui son marché, il a acquis une connaissance fine de ses mécanismes et de ses acteurs. Cette connaissance découlant de son acculturation et de son expérience dans le secteur lui permette de pleinement donner la valeur à l’information qui lui est apportée.

Le paysage français de la veille est désespérément vide de véritable chercheurs d’informations, de veilleurs haut de gamme. Les licences estampillées veille se font rare et tous les diplômés de 3ème cycle en intelligence économique visent d’être analystes ou stratèges mais nombre sont ceux qui rechignent à mettre le nez dans des outils. Ce n’est pas nouveau en France l’artisanat est sale. Le logiciel aussi. L’intellectualisation de la veille à laquelle on accole souvent le terme stratégique ou que l’on renomme en intelligence économique a creusé un gouffre entre l’information et ceux qui en ont besoin (les analystes et les stratèges). Les soldats de l’information, ceux qui vont la chercher en remontant les manches, ont déserté les rangs d’une armée dans laquelle les chefs se sont multipliés en se souciant peu de recruter les bons profils pour les aider à dessiner leurs cartes et peufiner leurs plans.

Rajoutons à cela le mythe de l’outil magique, productif, divinatoire et sémantique qui tournera dans une improbable autonomie qui n’existe que sur les powerpoints ou plaquettes commerciales qui prennent soin de gommer toutes traces de recrutement et toute évaluation des temps hommes.

Je crois, j’espère tout du moins, que 2012, 2013, voire plus si affinités, apporteront une revalorisation du rôle de l’ « information researcher ». Une revalorisation que l’on retrouvera dans le fonctionnement des processus collaboratifs et non dans une malsaine logique de sous-traitance ce qui est parfois la tare des systèmes CI à l’anglo-saxonne.

La veille est un art qui est un des points clés de l’intelligence économique. 2012 année de la veille?

2) Une veille structurée (enfin !)

Là encore regardons du côté anglo-saxon et recherchons des plateformes de veille ou des logiciels de veille. Des qui ressemblent à un Digimind ou à un Ami Software ou bien encore à des KIM (Arisem).

Ils sont rares…

On le sent, pour justifier du ROI de la veille, le Saint Graal qui ouvre les portes de l’augmentation salariale et du déblocage budgétaire, il nous faut des chiffres. Des chiffres sur les concurrents, des chiffres sur le marché.

A défaut de chiffres il nous faut une information que l’on peut traiter, voire mieux… comprendre, et le tout en s’accommodant d’une masse d’information qui n’a pas fini de nous déboussoler et de nous pousser à  inventer de nouveaux outils de traitement de l’information plus productifs, plus « clairvoyants ».

Outre-Atlantique on parle de Web Scraping, ou bien encore de Web Harvesting. On a compris depuis fort longtemps que la collecte de documents textuels était une intellectualisation du business. Le petit plaisir qui revient à lire son journal le matin avec son café.

Il y a un autre signe qui ne trompe pas. Google nous donne le la.

Google Squared qui structure la donnée à la volée avec plus ou moins de succès, Google encore qui intègre les micro-formats permettant de structurer l’information à la source même. Dernièrement encore Google Refine.

Le RSS a montré clairemenent la puissance de la structuration et de la normalisation des informations. Et pourtant la structuration du RSS est légère. Imaginons nous la même chose mais avec plus de champs. Certes cela serait plus dur à mettre en place mais également beaucoup plus puissant.

Structurer les données de la veille, au plus près de la source, c’est s’assurer de son exploitabilité maximale. C’est également s’assurer de sa mobilité, de sa transmissibilité.

2012 sera l’année de la base de données pour la veille.

3) Une veille financée

Aujourd’hui beaucoup d’entreprises françaises ses sont essayées à la veille. Elles s’y sont essayées avec plus ou moins de succès.

Et comme beaucoup d’essais on y va sur la pointe des pieds. On jauge. On demande un investissement ridicule ou minime et on attend un ROI monstrueux.

Les coupables sont nombreux :

  • Les institutions qui ont financé des projets d’une qualité plus que médiocre sans véritable analyse du besoin, et je pense en priorité aux projets que j’ai pu voir dans certains  pôles de compétitivité souvent sous-dimensionnés pour répondre à une hétérogénéité de besoins, de typologies d’utilisateurs et des usages.
  • Les « têtes d’affiche » de l’Intelligence Economique que j’entends régulièrement dire que l’intelligence économique et la veille ce sont des états d’esprit. Que l’on peut faire de la veille et de l’Intelligence Economique low cost. Oui on peut. On peut aussi essayer de faire le Paris Dakar avec une DS (la voiture pas la console…) On a toutefois peu de chances de gagner la course. On peut aussi recruter des bacs + 5 à 28 K € par an en leur demandant de parler 3 langues (mais 4 serait un plus), d’être des veilleurs en pointe et des analystes dans l’âme. On peut. Mais il est plus sûr qu’en faisant cela vous construisiez votre propre gibet en mettant au cœur de votre démarche des équipes potentiellement volatiles.
  • Les formations qui mettent du Netvibes, du Google Alerts en avant sans offrir un autre éclairage des outils d’intelligence économique, de text mining, … et qui propagent le mythe du tout gratuit.

Non. L’intelligence économique cela demande des efforts et de l’argent. C’est un investissement et un investissement se construit dans le long terme.

Et si 2012 était l’année du vrai projet d’intelligence économique, de veille, construit, budgété, dimensionné, échelonné ?

4) Une veille reconnue

Et là plus qu’une vision c’est une information.

La norme AFNOR XP-X-50-053, norme expérimentale se fait vieillissante.

Dans les prochaines semaines de nouveaux écrits de l’AFNOR devraient voir le jour autour de la veille et de l’intelligence économique. Cela fait plus d’un an qu’ils sont en préparation.

Je ne peux m’empêcher de reconnaître que j’ai des doutes sur l’opposabilité et la reconnaissance de ces écrits mais la course acharnée que semblent se livrer Bernard Carayon, Hervé Séveno, et Olivier Buquen afin d’avoir le dernier mot pour savoir comment ils régenteront mieux une profession qui semble visiblement les inquiéter, pourrait bien trouver une issue dans la normalisation.

Année 2012 pour la veille : année de l’ordre ? Non… J’aimerais bien mais là sincèrement je n’y crois pas malheureusement.

5) Une veille ravivée

Les signes sont là. Ils ne peuvent plus être ignorés.

L’essaimage du rapport Martre a bien vécu mais les barrières à l’entrée établies de longue date commencent à céder.

La jeune génération ne s’en laisse plus compter quitte à blesser quelques égos trop longtemps ménagés.

Des 6 derniers mois les échanges ont été vifs.

Voir un Bernard Besson et un André Added de l’IFIE inviter les jeunes générations au dialogue, et simultanément se lancer en tant que Business Angel pour les jeunes pousses en intelligence économique. Fichtre. Je ne croyais pas voir cela de mon vivant.

Il ne nous manquera plus qu’à voir Hervé Séveno aussi inquiet de défendre les jeunes professionnels que d’être consulté par Olivier Buquent et peut être pourrons nous enfin dire que l’intelligence économique et que la veille ne sont pas qu’une invention générationnelle mais bien un outil au service des entreprises.

Année 2012, année du dialogue et du renouvellement pour la veille ET pour l’intelligence économique.

Que de vœux pieux. Que d’espoirs. Peut-être certains ne verront pas le jour en 2012. Peut-être me trompe-je également pour certaines d’entre elles.

Mais s’il y a une chose dont je suis convaincu à propos de la veille, c’est qu’il s’agit d’une fonction indispensable. Je suis également convaincu qu’il s’agit d’un travail de passionné. S’il est un métier dans lequel la formation continue prend tout son sens, c’est bien dans notre métier. Elle prend nos soirées, parfois nos week-end et l’information nous accompagne souvent où que nous soyons.

C’est un métier que j’exerce avec un plaisir ininterrompu depuis des années maintenant et qui m’a conduit à rencontrer des gens de grande valeur, certains ayant fait partie des premiers blogueurs tels que Christophe Deschamps ou que Christophe Asselin, d’autres beaucoup plus récemment diplômés, certains ayant même été mes étudiants et que je considère plus comme des amis aujourd’hui.

Tous on t ce goût de l’information. La plupart considèrent leur travail comme une source de découverte perpétuelle.

Ce que je souhaite à la veille c’est qu’elle continue à susciter les passions, et à créer les vocations, en 2012 et après.

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http://www.actulligence.com/2011/03/22/intelligence-economique-veille-aveni/feed/ 37
Cartographie : ne laissez pas votre cerveau à la consigne en vous appuyant sur des outils http://www.actulligence.com/2010/12/28/cartographie-ne-laissez-pas-votre-cerveau-a-la-consigne-en-vous-appuyant-sur-des-outils/ http://www.actulligence.com/2010/12/28/cartographie-ne-laissez-pas-votre-cerveau-a-la-consigne-en-vous-appuyant-sur-des-outils/#comments Tue, 28 Dec 2010 08:45:18 +0000 Frédéric Martinet http://www.actulligence.com/?p=1516 Cartographie Intelligence Economique ViadeoNous traversons actuellement une période dans laquelle l’information et ceux qui la consomment se situent dans l’instantanéité.

Instantanéité d’absorption, en intégrant à sa réflexion, à son jugement une information captée à la volée, non analysée, non vérifiée.
Instantanéité de consommation également : la capitalisation de l’information dans son propre système de connaissance est de plus en plus fugace, le flux d’information occupant une trop grande partie des capacités cognitives de ceux qui la perçoivent.

C’est à juste titre donc que, fidèle à la trop célèbre phrase « un dessin vaut mieux qu’un long discours », le professionnel de l’information s’intéresse aux services en lignes et logiciels qui proposent des solutions de cartographie.

Mais revenons d’abord sur le terme cartographie. Nous aborderons ici la cartographie de  l’information bien évidemment.

Mais même en ce qui concerne cette cartographie de l’information, les modes de représentations sont quasi infinis et le mode de représentation constitue en lui-même un message, une information .

Nous dégagerons quelques champs, non exhaustifs, d’application  de la cartographie de l’information :

  • La carte heuristique qui permet de représenter des relations entre des idées, des entités. Dans son acception première la carte heuristique est accessoirement illustrée, dessinée, partant justement du principe que l’illustration facilite l’appropriation des messages que transmet la carte heuristique.
  • Le text mining qui permet par des analyses sémantique et / ou, morhopsyntaxiques et statistiques de visualiser des relations entre les termes saillants, ou au contraire « cachés » (signaux faibles) d’un corpus de documents structuré ou non structuré. Le text mining en lui-même n’est pas un type de cartographie mais son application permet de dégager des clusters dans des corpus de documents qui peuvent être représentés dans un espace multidimensionnel.
  • La topographie Web : je parle ici de topographie plus que de cartographie car le web a cette particularité de présenter des liens « physiques » entre les documents (pages) et donc les entités que représentent ces pages (par exemple un profil Facebook a une URL qui est attribuée à une personne, et il existe des liens physiques hypertextes entres les pages d’un cercle d’amis). La topographie Web est actuellement un champ d’investigation qui capte l’intérêt de nombreux acteurs économique d’autant plus qu’elle reflète partiellement les liens ou interactions réelles entre des entités (individus et sociétés).

Il ne reste plus grand-chose à apprendre aujourd’hui de la carte heuristique. Cette dernière n’est par ailleurs en rien liée à la maîtrise d’un outil.

Il existe toutefois un leader sur le marché de la carte heuristique pour les entreprises MindManager de Mindjet qui en est à sa 9ème version et à intégrer depuis la version 8 des fonctions collaboratives relativement poussées. On trouve par ailleurs de nombreuses solutions gratuites mais, pour la plupart d’entre elles, leur manque d’esthétisme vient en contradiction avec la notion même de carte heuristique. Côté solution SaaS on trouve quelques acteurs plus intéressants permettant eux aussi le partage tels que Mindomo. Leur seul inconvénient par rapport à la concurrence est la limite des interactions qu’ils peuvent avoir avec le poste de travail (ndlr : le pack Office).

Le text mining est un outil intéressant mais complexe à manier. Reposant sur une couche importante de linguistique la qualité de ses résultats peut être liée à la qualité du corpus étudié et de la sous couche lexicale intégrée spécifiquement pour un client, un métier, une industrie.

Venons-en au coeur de cet article : la cartographie du Web et j’entends par là la également la cartographie de réseaux à partir du Web (réseaux humains, activisme thématique,…).

Quelle est la première difficulté à surmonter lorsque l’on veut cartographier le Web ?

Il s’agit tout d’abord de savoir ce que l’on souhaite cartographie. Le Web est trop vaste. Certains sites en eux-mêmes sont trop vastes, comptent trop d’utilisateurs, trop de liens.

Il faudra donc faire des choix !

Lors de ce premier choix vous devriez définir un périmètre que l’on pourrait caractériser selon certains éléments :

  • Une liste d’URL. On pourra éventuellement définir des « patterns » d’URL, c’est-à-dire des lots d’URLs caractérisés par leur forme ou bien alors se tenir à des URLs qui comportent à l’intérieur des mots clés, ou bien des encore URLs qui sont relatives à un type d’entités (entreprise, individus, …) (1)
  • Une langue ou des langues
  • Un niveau de profondeur (le nombre de clics minimal entre 1 document lambda et un document faisant partie d’une liste arrêtée)…
  • Etc…

Cela peut sembler simple mais la définition de ce corpus de départ conditionnera fortement la capacité que vous aurez à construire une cartographie qui puisse apporter du sens à ce corpus.

Deuxième étape : l’extraction.

Si nous partons du principe que l’armée de stagiaires est un outil potentiellement économiquement viable, nous oserons aussi postuler qu’il est peut être humainement plus intéressant d’éviter à vos dits stagiaires une luxation de l’index.

L’extraction de données Web n’est pas simple. Elle se heurte à plusieurs difficultés.

  • Certaines des données que vous aimeriez avoir sont inaccessibles (espaces privés par exemple). Mais normalement si vous êtes malin vous avez exclu ce type d’information lors de la première étape.
  • Malheureusement le web est relativement non structuré et à l’intérieur d’une page les données sont « mélangées » . Or si nous parlons ici d’un mode d’extraction non humain et non sémantique, l’étape d’extraction peut se révéler délicate. Cela est d’autant plus vrai qu’à priori les éditeurs de sites Web ne vont pas forcément vous faciliter la tâche (anti-robots, redirections multiples, identifiants de sessions,…) (2) Il vous faudra ici découper bout par bout les données à l’intérieur d’une page (ce que l’on retrouve parfois sous la dénomination Web scraping ou Web harvesting.) (3)
  • Une fois l’extraction effectuée vous allez devoir restructurer la donnée, c’est-à-dire la stocker dans un format exploitable par un outil de cartographie (et tant qu’à faire dans un format qui vous permette l’exploitation de ces données par d’autres solutions logicielles de traitement de l’information.)

Dans cette étape d’extraction il faudra également inclure des mécanismes de contrôle de cohérence des données extraites qui vous permettent de vérifier que les données correspondent à vos contraintes initiales.

Troisième étape : les métriques.

Il s’agit d’une étape délicate qui influencera grandement votre cartographie.
En cartographie web, il existe souvent plusieurs possibilités d’exploiter des métriques pour la représentation. L’on peut coupler une métrique à  une entité ou à un lien entre des entités.

Si votre cartographie représente différents types d’entités vous pourrez utiliser des métriques différentes pour chacune d’elles par exemple un chiffre d’affaires pour une entreprise, et l’âge pour une personne. Idem pour les liens entre les métriques.

Une autre possibilité offerte par de nombreux logiciels et de faire correspondre la taille d’une entité aux nombre de liens entrants ou sortants qu’elle entretient avec un autre type d’entités ou des entités de même type (par exemple le nombre de personnes qui m’ont enregistrées comme contact dans Viadeo ou bien le nombre d’articles qu’un blogueur a publié sur une thématique.)
Maintenant cette étape est celle, et l’on s’en aperçoit trop souvent, qui comporte le plus d’écueils.

Il est impératif de suivre ces quelques règles essentielles dans les métriques :

  • Vous devez pouvoir disposer de la métrique pour toute ou presque toutes les entités.
  • Votre métrique doit être fiable : évitez donc d’agréger des chiffres, de vous appuyer sur des données peu fiables émanant d’organismes douteux. (N’additionnez pas les choux et les carottes et ne divisez surtout pas par l’âge du capitaine en somme.) Essayez de remonter le plus amont possible dans le processus de collecte de ces métriques pour voir si elles ne comportent pas des biais indirects par exemple dans la construction d’un échantillon initial.
  • Votre métrique doit être simple et compréhensible. Ne perdez jamais de vue ce que représente l’indicateur que vous avez retenu. Si vous avez effectué des filtres pour éliminer certaines entités (par exemple les valeurs aberrantes situées aux extrêmes), ne l’oubliez pas lors de l’analyse.

Phase suivante : l’intégration

Il vous faut choisir désormais un logiciel pour travailler ces données et ces métriques collectées ou qui seront calculées.
Concernant le logiciel retenu il vous faudra considérer les points suivants :

  • Certains logiciels sont calibrés pour cartographier des réseaux homogènes c’est-à-dire des réseaux qui ne comportent qu’un seul type d’entités et des liens entre ces entités.
  • Certains logiciels peuvent manipuler des données à travers des notions d’héritage. Par exemple sommer les chiffres d’affaires de filiales pour le faire apparaitre globalement au niveau du siège.
  • Certaines logiciels de cartographie intègrent une base de données sur laquelle vous pouvez interagir à travers l’interface de visualisation et de manipulation, d’autres ne permettent que d’importer des données et en comportent pas de liaison bidirectionnelle avec la source.
  • Les algorithmes disponibles  de positionnement des entités sont importants : certains  algorithmes sont plus adaptés à la représentation des réseaux humains par exemple et d’autres plus à la représentation de données chiffrées.

Dernière étape enfin, l’analyse.

On entend trop souvent qu’une cartographie est un résultat en soi. La cartographie telle que nous l’avons détaillée ici n’est pas un résultat en soi.
D’ailleurs pour comprendre une même thématique il vous faudra peut-être construire plusieurs cartographies qui vous aideront à aborder la complexité d’un réseau, de liens sous différents angles.
L’exercice de la cartographie se rapproche d’ailleurs du (trop) fameux cycle de l’information. Cercle vertueux, la première de vos cartographies ainsi que les premiers éléments d’analyse que vous tirerez vous permettront de disposer d’une meilleure compréhension de l’écosystème observé.
Avec ces nouveaux éléments vous pourriez être amené à reconsidérer la façon dont vous avez construit votre corpus de départ voire même à reconsidérer vos métriques appliquées aux différents types d’entités.

L’exercice de cartographie est un travail d’analyste en soi.

A chacune des étapes décrites ci-dessus la connaissance de la thématique de l’écosystème observé permettra de créer des cartographies plus parlantes, plus « interprétables ».

Enfin, la connaissance de l’analyste qui construit et observe l’écosystème lui permet de disposer de points de contrôle et de détecter les aberrations ou bien encore de nuancer les interprétations des points saillants mis en évidence par la cartographie.

Quel que soit l’outil, quelle que soit la vue générée, c’est l’analyste qui devra interagir avec ou tout du moins être étroitement impliqué dans sa conception.
L’exercice de cartographie, et toute la méthode de construction doit se borner à éviter les erreurs, les biais, optimiser la collecte des informations, permettre le traitement d’information en masse ou à des niveaux de profondeurs important pour permettre à l’analyste de valider ce qu’il sait et de découvrir ce qu’il peut déduire.

Notes :

(1) Pour définir des patterns d’URLs on utilise en général soit des opérateurs de troncature soit des REGEX

(2) De nombreux sites Web proposant des données structurées pouvant potentiellement faire l’objet d’une exploitation commerciale (collecte de données personnelles, sites d’appels d’offres,…) se protègent de processus de collecte automatisés. si un « visiteur » se connecte à partir de l a même adresse IP simultanément à différentes pages webs du site ou s’il visite trop un nombre important de pages rapidement, il est détecté et renvoyé vers une page spécifique. Les moteurs de recherche passent à travers de ce process de protection en étant reconnu à partir de leur signature. (Il existe d’autre moyens de protection déployés par les éditeurs de sites Web.)

(3) Web Harvest est par exemple un outil gratuit et open source intéressant d’extraction et de structuration des données Web quoi que complexe à prendre en main et nécessitant la connaissance des REGEX et du langage XPATH et XML. Google à travers ses Labs a fait montré un exemple de ce que pourrait être un outil de structuration à la volée de données issues de pages Webs mais qui à ce jour reste toutefois moins performant que des extracteurs sur mesure développés source par source. (Google Squared | exemple)

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http://www.actulligence.com/2010/12/28/cartographie-ne-laissez-pas-votre-cerveau-a-la-consigne-en-vous-appuyant-sur-des-outils/feed/ 7
Où il est question de cartographie et d’intelligence économique, encore… http://www.actulligence.com/2010/12/13/ou-il-est-question-de-cartographie-et-dintelligence-economique-encore/ http://www.actulligence.com/2010/12/13/ou-il-est-question-de-cartographie-et-dintelligence-economique-encore/#comments Mon, 13 Dec 2010 19:19:36 +0000 Frédéric Martinet http://www.actulligence.com/?p=1492 Après le débat plus qu’animé sur la cartographie de l’intelligence économique publié par les étudiants du Miste et ses enseignants, j’ai décidé du haut de mon perchoir (sic) de prêter le flan à la critique. Oui parce que même s’il semblerait que j’ai la critique facile, des fois cela m’arrive de travailler et en l’occurrence en ce moment de travailler sur la cartographie.

Suite donc au dernier billet estampillé cartographie de l’information, j’ai eu l’occasion de discuter avec un ami, Sam, et nous avons décidé de travailler conjointement à la mise en ligne d’une cartographie de l’intelligence économique.

L’objectif de cette cartographie était de montrer :

  • qu’il était possible de faire une cartographie représentative d’un écosystème sans multiplier les biais , ni les critères de sélection
  • qu’il était possible d’automatiser une grosse partie de la démarche. En cela je rejoins le dernier billet de Christophe Deschamps qui parlait d’une qualité essentielle chez le veilleur : la paresse. Oui parce que je préfère travailler quelques heures pour arriver à un bon résultat que travailler plusieurs semaines pour arriver à un résultat moyen…

Bon, alors comment avons nous décider de procéder et quel était le champ d’étude.

Nous sommes partis avec Sam d’un champ d’étude qui était « Viadeo » en partant de l’hypothèse (et ce n’est qu’une HYPOTHESE de travail) que les personnes du petit monde de l’intelligence économique était présent sur ce réseau social et qu’elles avaient tendances à se rapprocher.

De fait nous excluons donc du champ d’étude tous les professionnels de l’Intelligence Economique qui ne sont pas sur Viadéo.

Nous avons donc tout au long de cette étude été conscients que cette cartographie n’était que la cartographie des professionnels de l’intelligence économique et de leurs liens à travers l’analyse des carnets d’adresse Viadeo.

Elle reste donc partielle mais à la vue des résultats, et avec notre expertise conjointe, il nous a semblé évident que les résultats n’étaient pas si mauvais que cela, et nous y avons retrouvé avec intérêt différentes familles dont celle de l’EGE, ou bien encore les consultants, quelques blogueurs aussi parfois chargé de veille. Brefs, beaucoup de noms que nous connaissions.

Dans cette cartographie, le poids de chaque « acteur » (je dis acteur car certains profils Viadeo sont des entreprises) est représenté par son nombre de liens entrants par d’autres « professionnels » de l’intelligence économique.

En fait dans Viadéo nous avons considéré des liens bidirectionnels la plupart du temps sauf pour les personnes qui ne partagent pas leurs contacts.

Nous ne parlons pas donc de classement d’influence ici mais de taille du carnet d’adresses ! Les liens entrants ne sont pas pondérés. C’est à dire que si une personne a un carnet d’adresses de 500 personnes dans l’Intelligence économique et une autre de 10 personnes, cela est comptabilisé de la même façon.

Nous sommes donc dans un modèle d’analyse relativement simple dans lequel la cartographie apporte un plus qui nous semble essentiel : l’aide à la compréhension d’un écosystème sur plusieurs niveaux de profondeur de relations avec des indicateurs visuels qui en facilitent l’exploration.

Nous sommes simplement partis du principe qu’un acteur en relation avec un nombre « important » d’autres acteurs visibles sur certaines thématiques a sa place dans une cartographie. Le but de cette représentation étant de faire apparaître ces acteurs pivots, c’est à dire ceux qui sont connus d’autres profils.

Mode opératoire :

Nous avons tout d’abord défini les mots clés qui nous ont permis d’interroger le moteur interne de Viadeo et également de coupler avec une requête Google du type : site:viadeo.com + »mot clé’.

Les mots clés retenus ont été :

  • Digimind
  • KB Crawl
  • Ami Software
  • ACRIE
  • Knowledge management
  • Intelligence économique
  • Linkfluence
  • Scanblog
  • Human to Human
  • Spintank
  • e-réputation
  • ereputation

Nous avons fait le choix de rajouter, en plus des termes génériques, des noms d’entreprise qui nous semblaient incontournables dans le secteur de l’intelligence économique pour être sur de les attraper en entrée sachant que la requête intelligence économique (11 000 résultats) les ramenait également.

Le but de cette démarche étant de connaître les acteurs visibles publiquement sur des thématiques liées à notre sujet, il s’agit donc des acteurs de niveau 0.

Nous avons ensuite procédé au traitement des relations entre profils publics.

Nous avons éliminé tous les profils de niveau 0 qui n’étaient pas visibles par plus de 5 relations.

Toutes les données ont été capitalisées et fusionnées entre elles pour avoir un schéma classique de cartographie avec des nœuds (acteurs) et des relations (edges).

Ces données ont été importées dans Gephi, dont je parlais ici, qui nous a permis de travailler les affichages et de travailler sur des filtres de nombre de liens.

Et voilà donc le résultat que nous vous livrons.

Il s’agit de notre point de vue d’un départ qui livre une vision d’une partie du monde de l’intelligence économique et donne par ailleurs une bonne perception de l’utilisation des médias sociaux.

Il s’agit selon nous de travail qui doit être à chaque fois sur mesure, la façon de travailler les données et de les extraire correspondant aux besoins d’exploitation, Viadéo n’étant ici qu’un champ des possibles.

Tous mes remerciement vont à Sam qui a apporté sa haute expertise dans le traitement de l’information.

Et tous mes remerciement encore à lui pour également son oeil critique et toutes les enrichissantes discussions que nous avons eues lors de ce petit travail qui s’est étalé sur une petite semaine ! Avec quelques heures de travail, la technologie utilisée étant particulièrement autonome sur toute les phases d’extraction et de traitement.

Cliquer sur l’image pour la taille réelle

Vous pouvez également télécharger le fichier PDF de cette cartographie ce qui vous permettra de disposer d’un bon niveau de zoom.

Pour tous ceux qui veulent s’amuser avec Gephi vous pouvez également télécharger le fichier Gephi ce qui vous permettra de travailler ces mêmes données et de générer vos propres affichages.

Par exemple ci-après une carto où j’ai filtré sur la tranche supérieure des personnes ayant le plus de liens entrants.

Cliquer sur l’image pour la taille réelle

Bonne consultation !

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http://www.actulligence.com/2010/12/13/ou-il-est-question-de-cartographie-et-dintelligence-economique-encore/feed/ 22
Cartographie de l’Intelligence Economique du Miste : WTF ??? http://www.actulligence.com/2010/11/29/cartographie-de-lintelligence-economique-du-miste-wtf/ http://www.actulligence.com/2010/11/29/cartographie-de-lintelligence-economique-du-miste-wtf/#comments Mon, 29 Nov 2010 19:11:07 +0000 Frédéric Martinet http://www.actulligence.com/?p=1455 Dernièrement des étudiants du Miste (bac +5) ont publié leur cartographie du monde de l’intelligence économique.
Chose que malgré mes signaux d’alertes et ma veille sur Internet j’ai ignoré jusqu’à tomber sur un article de l’Académie de l’Intelligence Économique qui mettait en avant ce travail.

Or moi quand j’entends cartographie, en ce moment, j’accours, je me jette, je me précipite. Surtout si en plus il s’agit d’intelligence économique. Avec une certaine impatience donc j’attends l’ouverture du précieux fichier PDF qui va m’en dire plus sur le monde de l’intelligence économique

Je parcours les différents classements et là je m’exclame WTF????!!!!

Qu’est ce que c’est que ces classements ?

Avec surprise je n’y retrouve que peu d’acteurs a priori incontournables dans le monde de l’intelligence économique qu’il s’agisse de blogueurs ou d’ »institutions » et encore moins d’entreprises.

Me serais je trompé dans ma perception de la notion d’influence (importance?) dans le secteur de l’intelligence économique ?

Passé ma première surprise donc je décortique un peu plus les classements en question.

Ouais OK. Bon. Quand je vois Fleishman Hillard, Edelman, le Conseil Régional d’Ile de France dans les 10 premiers site « d’influence en Intelligence Economique » je me dis effectivement que le problème ne vient peut être pas de moi.

Il m’a donc semblé intéressant de reprendre la méthodologie utilisée dans cette cartographie pour éviter que cela se reproduise (sic …)

1ère étape : la description du champ sémantique

Les auteurs du dit article ont considéré que l’intelligence économique pouvait être décrite par les mots clés suivants :
« intelligence économique »
« knowledge management »
« gestion des connaissances »
« stratégie »
« stratégie économique »
« veille »
« brevet »
« sécurité de l’information »
« information stratégique »
« lobby »
« influence »
« conduite de changement »

Et qu’une requête sur ces mots clés permettrait de générer un corpus de pages webs / sites à analyser.

Je ne dirais pas qu’il y a une erreur fondamentale sur cet aspect là même si une fois encore la définition même de l’intelligence économique revient sur le tapis.

Toutefois je serais tenté de dire que certains termes requêtés sont bien trop vastes et concurrentiels. Et par ailleurs étendant les requêtes au delà du terme intelligence économique (ou veille stratégique, veille concurrentielle..) on attaque des sites webs qui ne sont pas bien positionnés sur le terme intelligence économique, voir qui ne se considèrent pas eux même comme des acteurs de l’intelligence économique.

On mélange donc des sites et acteurs d’un marché de niche au milieu de site sur la « stratégie »…

2) sélection des blogs d’influence

Les auteurs se sont appuyés sur le classement fournis par les moteurs de recherche proposant des services de blog et par la « référence en matière d’IE en France, le Service de Coordination de l’intelligence Economique de Bercy« . [dernière actualité juin 2010 colloque intelligence économique à Narbonne. Y a du bon vin à Narbonne. Rouge. La Clape.]

Les gars, j’ai pas une super bonne nouvelle… Je veux surtout pas dénigrer le SCIE, c’est pas mon genre du tout, par contre sincèrement côté blogs en Intelligence Économique, je ne suis pas sur que vous avez affaire à la pointure en la matière.
Par ailleurs et sauf erreur de ma part, le SCIE n’est qu’un second couteau, puisque dans la politique public d’intelligence économique c’est le coordinateur interministériel qui tire les ficelles.

On se demande d’ailleurs pourquoi les auteurs ne se sont pas référés au site www.intelligence-economique.gouv.fr … ah, pardon, on me dit dans l’oreillette qu’il est out depuis à peu près 9 mois.

Les auteurs se sont également appuyés sur Ami Software qui leur a remonté un grand nombre de documents leur prouvant la croissance quasi exponentielle du nombre de blogs en intelligence économique, même s’ils ne parlent pas d’Intelligence Économique.

Ami Software n’étant en aucun cas une source d’information on aurait aimé en savoir plus sur le process de collecte via Ami Enterprise Intelligence (oui, note aux auteurs, Ami Software c’est la société et non pas le produit…) pour savoir s’ils ont précédé à une extraction sur des sites limités ou s’ils ont utiliséles connecteurs Google / Yahoo d’Ami.

Au final les auteurs ont donc utilisés  pour identifier ces blogs :
- SCIE
- Top Blog Wikio
- IceRocket
- Technorati Blogs top
- Joueb
- Weborama…

Allez. On continue à mélanger joyeusement les moyens d’identification, le tout en induisant des biais multiples par le mix entre plusieurs classement dont on a aucune idée de la façon dont ils sont établis…

Finalement 133 blogs ont été retenus. on a éliminé les blogs qui traitaient d’un sujet éloigné de l’IE (Comment ? Tri humain ???? on aurait bien aimé le savoir…)

3) les critères d’influence

On s’approche des choses qui deviennent vraiment croustillantes….

Les auteurs ont utilisés pour déterminer l’influence d’un blog certains critères qu’ils ont issus de Top Blogs.

Pour Google :
- La classement du blog. Mais quel classement ???? sur quelle requête ????
- Les liens entrant
- Les pages indexées
- Le Page Rank

Tout ceux qui bossent un peu sur le web et dans le référencement le savent : la commande de compte des inbound links et de pages indexées est un total #fail et donne des résultats erronés. Il vaut mieux utiliser Yahoo sur ces deux points. Personne n’a pris le temps de le dire aux auteurs.

Pour Yahoo :
- Le classement du blog. (même remarque… quel classement…)
- Liens entrants
- Pages indexées

Pour les deux derniers critères on somme avec les mêmes de Google, on prend le carré de l’hypothénus on multiplie par l’âge du capitaine et on a le nombre réel d’inbound links… ?

Critères sur Top des blogs :
- Classement Alexa
- Classement Délisious (Delicious)
- Langue du blog
- Date du dernier article
- Catégorie
- Nombre d’abonnés Feedburner

On se demande qu’elle est la portée de la date du dernier article sur l’influence. Mais bon…

4) L’erreur qu’il ne fallait pas commettre

Finalement les étudiants nous disent la métrique qu’ils ont retenus pour classer les blogs par influence:

- Le nombre de visites sur un mois
- Le nombre de visites moyen sur 3 mois

Le tout fourni par Alexa.

Donc je le répète encore et encore pour tous les petits génies du classement en herbe, le nombre de visites d’un blog n’est pas une donnée publique et à part pour certains très grands site qui ont accepté de fournir des stats détaillées de leur audience, la donnée n’est pas une donnée accessible.

A la limite on peut utiliser Alexa « comme ça », sur le pouce, pour comparer deux sites vraiment très similaires en terme de thématiques, de publics, etc… mais utiliser ces données sur un corpus de sites intelligence économique c’est une erreur.

Par ailleurs Alexa utilise beaucoup je crois pour obtenir ses stats un logiciel installé sur le poste utilisateur qui lui permet de connaître les sites visités, les pages etc…
Le problème est donc qu’en mélangeant des types de sites ou blogs trop différents on a des chiffres totalement incohérents.

Par ailleurs j’ai rarement vu une barre Alexa installée sur un poste entreprise… hors l’intelligence économique est plutôt a priori B to B et en reposant sur ces stats Alexa on passe purement et simplement à côté de notre sujet.

Si l’on rajoute à cela les blogs qu’il serait difficile de ne pas qualifier d’influents en intelligence économique et qui n’ont pas de données Alexa car ils ne génèrent pas assez de nombres de visites, on a le complet.

5) le classement des blogs

Outils froids à la 50ème position… et Glaizer.com à la première position d’un classement des blogs. Aller poubelle. Passez votre chemin. Y a rien d’intéressant à voir ici.

Note à l’intention des auteurs de cet article : une petite révision sur les différentes stats web et sur la structuration en nom de domaines et sous nom de domaines s’impose. L’exemple est flagrant sur Glaizer où site corporate et Blog sont allègrement mélangés.

6) Ne perdons pas plus de temps

Les auteurs visiblement motivés ont continué sur une deuxième cartographie des sites influents de l’Intelligence Economique.

Si j’en avais le temps je pourrais accabler cette étude qui n’aurait probablement jamais du être publiée mais je vais m’en tenir à lister quelques unes des erreurs détectées.

Le sourcing, toujours aussi discutable en s’appuyant sur ie-news, strategic-road, lesannuaires.com (hahaha…), les 1000 sites fournis par la CCI de Lyon.

Page 16 : « La particularité des Blogs est singulière puisque d’une part ces « sites » présentent des actualités renouvelés ou reprennent en série, via des liens hypertextes, des articles déjà cités et/ou repris par ces mêmes blogs ; ce qui explique la force des liens et le nombre de liens hypertextes entre Blogs. »

Page 16 : « Les prochains graphes nous montrent très clairement une contribution importante des liens hypertextes en provenance et à destination des Blogs, malgré un nombre moyen de sites au sein de notre corpus. »

Page 17 : « Au regard des explications fournies plus haut, nous avons décidé d’écarter les Blogs de la visualisation finale des réseaux d’acteurs de l’IE.
Ce filtrage permet de s’affranchir des reprises en série de liens qui peuvent générer une visualisation erronée, voire bruitée, des relations entre acteurs « académiques » de l’intelligence économique. »

Bon mauvaise nouvelle les gars : en gros si vous avez un blog influent vous êtes directs exclus de ce classement des sites d’influence en IE pour la simple et bonne raison que vous semblez être influents et que vous avez fait ce qu’il fallait pour.

En gros l’auteur de cette carto en fait le constat mais se trouve une excuse : ces cons de blogueur ont vraiment trop tendances à se rendre la politesse en considérant que les autres blogs sont bons et en faisant des liens vers eux.

Et si tout simplement c’était la réalité ? Si tout simplement les blogs influents étaient tout simplement influents? NOOOON ça ce n’est pas possible mon bon monsieur.

Bon l’auteur a probablement omis de regarder qui tenait ces blogs et que la plupart étaient des professionnels de l’intelligence économique, des chercheurs, des profs… Mais ils ont une tare congénitale : ils sont blogueurs.

Choix des outils pour analyser tous ces sites d’influence ?

Alexa, Webtrafic 24 pour les stats (poubelle donc) et Yahoo site Explorer pour les inbound links (bon choix selon moi).

Numéro 1 du classement : Edelman. 3ème : Fleishman Hillard. Des acteurs incontournables du monde de l’intelligence économique.
En 26ème position on a quand même www.icc.fr

Seul le classement des solutions technologiques m’a semblé crédible en fait. Bizarre car il semblerait qu’ils aient utilisés la même méthodologie. Comme quoi on peut avoir de la chance des fois.

7) La méthodologie en détail

Les auteurs plutôt que de prendre les inbound links fournis par Yahoo site Explorer, limités à 1000, ont préféré crawler les sites sélectionnés et extraire les liens avec Xenu’s Link  Sleuth.

Première remarque : ils auraient pu demander une API Yahoo Site explorer.
Deuxième remarque : c’est quand même pas la même chose de partir d’un corpus de sites et de regarder les liens sortants que les liens entrants…. surtout en question d’influence… Un influenceur aurait plutôt tendance à être linké et à linker peu.

Mais bon comme de toute façon on se trouve déjà à la 21ème page d’un document qui parle d’influence sans jamais la définir.

Une fois ces liens extraits on les pondère par l’audience du site.
Si vous avez eu la patience de lire ma prose énervée jusque là vous savez ce que je pense des audiences de site qui ont été utilisées…

8) Conclusion :

Il s’agit là d’un travail académique. Réalisé par des étudiants, que l’on pourrait pardonner, mais visiblement encadrés.
Si un étudiant m’avait présenté un rendu tel que celui là et malgré le travail visiblement fourni je lui aurais mis 0.

A aucun moment les auteurs ne prennent le temps de définir l’influence qu’ils aiment pourtant citer.

A aucun moment on ne se pose la moindre questions sur l’intérêt de la segmentation et sa viabilité. En point d’orgue de cette absence totale de raisonnement l’exclusion pure et simple des blogs qui se font des liens entre eux. Ouh les vilains.

Je suis affligé. Atterré par ce que j’ai lu.

Je comprends à la limite la petite hésitation sur les mots clés de l’intelligence économique. Et ma foi sur ce point là on peut même discuter.

Mais alors rien ne semble sérieux dans cette cartographie : la méthode d’identification du corpus de site de travail, les données extraites, les coefficients de pondération… et les choix totalement subjectifs ponctués d’une petite citation académique.

Voilà ce que je pense de la cartographie :

- Il faut se poser des questions claires sur la définition de son environnement, de son périmètre d’étude. Définir des limites et des critères précis de sélection.
- Il faut se poser des questions sur ce qu’on veut représenter car l’on n’est pas ici dans un mode de représentation souple. Chaque choix sur la collecte, la donnée doivent permettre d’obtenir des données qui vont faciliter la différenciation et l’émergence des critères sur lesquels on travaille.
- Le travail d’extraction, d’homogénéisation, de dédoublonnage est essentiel.
- Les données que vous utilisez à chacune de vos étapes doivent être sérieuses, contrôlées, vérifiées. C’est par ailleurs un concept de base de l’analyse stratégique. Injecter des données merdiques dans un système qui permet de les représenter permet dans le meilleur des cas un mauvais résultat et dans le pire une désinformation.

Donc jetez vite ce fichier à la poubelle.

Je peux vous inviter à regarder :

- La cartographie des blogs d’intelligence économique d’Aref : elles est humaine, faite par un expert, forcément sélective et subjective mais d’une qualité sans commune mesure avec celle ci.
- La carto un peu datée et pas actualisée proposée par Pikko dans la version d’évaluation de son logiciel. Là encore subjective mais bien plus représentative.
- Si vous voulez une carto plus sérieuse, plus académique, tournez vous vers le site de Christophe Jorge qui à l’époque a fait un travail tout à fait correct.

Et mon petit doigt me dit qu’avec un de mes compères on devrait vous proposer une carto dans les semaines à venir.

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http://www.actulligence.com/2010/11/29/cartographie-de-lintelligence-economique-du-miste-wtf/feed/ 41
Cogito Expo 2010, l’intelligence économique dans tous ses états http://www.actulligence.com/2010/11/09/cogito-expo-2010a-l-intelligence-economique-dans-tous-ses-etats/ http://www.actulligence.com/2010/11/09/cogito-expo-2010a-l-intelligence-economique-dans-tous-ses-etats/#comments Tue, 09 Nov 2010 08:53:06 +0000 Frédéric Martinet http://www.actulligence.com/?p=1430

Cogito Expo 2010, l'intelligence économique dans tous ses états en Alsace

Cogito Expo 2010, l'intelligence économique dans tous ses états en Alsace

Pour tous ceux qui ne seraient pas encore au courant il est toujour stemps pour vous de réserver un billet Paris / Strasbourg (n’importe-où-ailleurs-dans-le-Monde / Strasbourg).

Demain se tiendra à Strasbourg Cogito Expo 2010, qui mettra le petit monde de « l’intelligence économique dans tous ses états ».

Depuis plusieurs années déjà, comme je le mentionnais, l’Alsace est particulièrement active en intelligence économique à travers le programme Cogito, programme régional de sensibilisation à l’intelligence économique, et à travers une institution qu’on ne présente plus : le Centre de Veille Régionale Stratégique, C.R.V.S.,

Je serai présent sur cet évènement à un double titre.

Tout d’abord, celui de consultant et j’interviendrai en guise d’ouverture aux côtés de Ludovic Bour, Responsable Innovation et Intelligence Economique de l’ACFCIet aux côtés d’un représentant du cabinet Alain Bensoussan sur la thématique générale : « Médias sociaux et entreprises : Enjeux et menaces ». Ludovic Bour dressera un panorama actualisé des médias sociaux et de leurs utilisations. Pour ma part je traiterai les aspects positifs des médias sociaux, à savoir les enjeux et les opportunités pour les entreprises sur les médias sociaux. Le représentant du cabinet Bensoussan abordera la typologie des menaces et les règles et usages en entreprise.

Pour mémoire d’ailleurs on pourra jeter un coup d’oeil au livre blanc édité sur le GFII sur l’e-reputation et les menaces liées à l’e-reputation pour les entreprises auquel justement Ludovic Bour, moi même mais de nombreux autres participants tels que KB Crawl, Digimind, Ami Software, Factiva Dow Jones, etc avaient participé.

Et ensuite, invité au titre de blogueur (ce que je revendique encore même si mes publications s’espacent – Hé oui, j’avais sous-estimé le travail que c’était son propre patron !) avec également les représentants des blogs Brainsfeed, Intelligences Connectées (Terry Zimmer) et Metis-ACIE.

Je trouve qu’il s’agit d’une très bonne initiative d’associer officiellement les blogueurs à un événement tel que celui-ci. L’intelligence économique, la veille et l’e-reputation, ont la chance de bénéficier d’une communauté de blogueurs extrêmement riche et investie qui offre de son temps pour partager ses expériences, ses réflexions ou alors ses bonnes trouvaille sur un métier en constante évolution. Trop souvent ils sont laissés de côté des manifestations officielles et il me semblait donc important de souligner ce geste de Cogito.

La journée après cette première conférence se poursuivra par une conférence Intelligence Economique et Développement durable animée par Claude Revel Du Skema Business School avec la participation de deux chefs d’entreprises alsaciennes.

L’après–midi une dernière conférence réunira des têtes de ponts de réseaux d’entreprise « In Real Life ». Parce que le numérique c’est bien mais c’est pas tout.

Sur Cogito Expo les éditeurs et prestataires ne seront pas en reste et en parallèle des conférences, les éditeurs animeront des workshops. Vous pourrez y rencontrer Pikko Software sur la cartographie, Blueboat sur l’e-reputation, BEIC sur le renseignement commercial, Yoolink Pro et Knowledge Plaza sur la veille collaborative, KB Crawl SAS qui nous fera un retour d’expérience sur la veille sur Internet, … (au passage visitez le site de KB Crawl qui bénéficie d’une toute nouvelle version depuis vendredi)$

La liste complète des exposants est disponible à cette adresse : http://cogito.alsaeco.com/liste-des-exposants,4397422,fr.html

Venez donc nous rencontrer sur Cogito Expo 2010. A partir de 16 h un espace B2B sera accessible pour échanger librement avec blogueurs, entreprises, prestataires (autour de quelques production locales), le bar de l’intelligence économique.

Pendant toute la manifestation, suivez le hashtag #coex2010 sur Twitter pour des informations en temps réel.

Et pour les inscriptions de dernière minute c’est donc sur le site de Cogito Expo 2010.

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Intelligence économique et veille documentaire sont-elles réellement implantées dans les entreprises ? http://www.actulligence.com/2010/08/09/intelligence-economique-et-veille-documentaire-sont-elles-reellement-implantees-dans-les-entreprises/ http://www.actulligence.com/2010/08/09/intelligence-economique-et-veille-documentaire-sont-elles-reellement-implantees-dans-les-entreprises/#comments Mon, 09 Aug 2010 08:18:33 +0000 Frédéric Martinet http://www.actulligence.com/?p=1370 Depuis le Rapport Martre de 1994, l’intelligence économique a fait de grandes avancées. Le sujet devient récurrent dans les médias et les institutions. Mais, dans le monde de l’entrepris, comment sont accueillies les démarches de veille ou d’intelligence économique selon le nom que l’on veut leur donner ? Comment sont elles déployées et quels sont les moteurs et les freins dans les projets de mise en place de cellules de veille ?

Tout d’abord, il semble important de faire un bref rappel sur ce qu’est l’intelligence économique car de nombreuses difficultés sont rencontrées sur l’appellation elle-même.
Par intelligence économique, on entend l’ensemble des processus de collecte, de traitement et de diffusion des informations utiles, en cohérence avec les objectifs stratégiques de l’entreprise, en vue de leur exploitation, aux acteurs économiques’ »(1). Cette définition émise dans le « Rapport Martre« , Henri Martre précise par ailleurs qu’une démarche d’intelligence économique doit permettre la sécurisation du patrimoine informationnel de l’entreprise. Toute démarche d’intelligence économique doit être menée dans le strict respect de la législation.
On comprend dès lors les différentes problématiques rencontrées lors de la mise en place d’un dispositif d’intelligence économique. La démarche d’intelligence économique doit être en adéquation avec la poursuite des objectifs stratégiques de l’entreprise. Cela sous entend que la stratégie de l’entreprise soit à minima formalisée et puisse être exposée au(x) responsable(s) intelligence économique.

Un outil stratégique pour orienter la prise décision
Les produits d’une démarche d’intelligence économique sont destinés à des publics variés. Si de nombreuses définitions placent l’intelligence économique en ligne directe avec la stratégie de l’entreprise et considèrent que l’intelligence économique ne sert qu’une poignée de cadres dirigeants dans une entreprise, d’autres définitions, plus pragmatiques, considèrent que l’intelligence économique sert aux processus de décision dans l’entreprise. Qu’il s’agisse du responsable R&D, voire même de l’ingénieur en charge d’un projet, d’un manager de Business Unit ou d’un chef de produit, tous sont amenés à prendre des décisions pour lesquelles l’information est l’élément déterminant de la prise de décision.
Corollaire évident à la diversité des publics et à la diversité également des décisions à prendre, la masse d’information à absorber par un dispositif d’intelligence économique est souvent très conséquente, chronophage voire très coûteuse.
Il ne s’agit là que des premières questions évidentes qui se posent dès lors qu’une entreprise souhaite réfléchir à l’opportunité de mettre en place un système d’intelligence économique. L’on notera par ailleurs, qu’au terme d’intelligence économique, malheureusement trop souvent exploité dans un contexte polémique lié à l’espionnage industriel ou au monde du renseignement, l’on préfère souvent en entreprise l’utilisation du terme « veille ».
Veille documentaire ou veille stratégique ou des veilles métiers (veille technologique, veille juridique…).

Si la littérature universitaire fait une différence relativement claire entre ces termes, l’on retrouve des cellules de veille ou d’intelligence économique indifféremment en entreprise, les deux étant parfois concrètement difficiles à différencier autant dans leur organisation que dans leurs objectifs.

La valeur de l’information

Nous allons aborder les questions que soulèvent la mise en place de l’intelligence économique, les freins qui sont rencontrés par les entreprises mais également les critères qui en favorisent l’implémentation. En phase d’étude d’opportunité de la mise en place d’une démarche d’intelligence économique la première question qui est souvent posée est celle du retour sur investissement.

Quels bénéfices attendre d’une démarche d’intelligence économique ? Comment justifier l’investissement en temps et en argent qui sera déployé pour initier un dispositif opérationnel d’Intelligence économique ? On retrouve également cette même question dans l’histoire de la Qualité. Elle est toujours opposée, à juste titre d’ailleurs, à toutes les activités de soutien dans les entreprises (telles que définies dans la chaîne de la valeur(2)). Ces activités ne générant pas de valeur directement quantifiable Il est demandé aux responsables d’en construire les indicateurs d’utilité (3).

En revenant à une des définitions de la valeur de l’information, on peut lever une partie de ce problème. « La valeur de l’information est égale à la différence entre le bénéfice attendu d’une décision prise sans l’information et celui attendu d’une décision prise avec cette même information.(4) » Finalement, il s’agit de justifier l’Intelligence économique par la nécessité de connaître son environnement et par les coûts directs qui peuvent être engendrés par la méconnaissance de son environnement ou au contraire les bénéfices directs pouvant en être retirés. Il est facile de trouver des exemples ou contre exemple : un appel d’offres raté ou identifié trop tard, la défaillance d’un fournisseur qui aurait pu être prévue… autant d’exemples sur lesquels on peut mettre un coût et auquel une entreprise a de fortes chances d’avoir été déjà confrontée.

Conséquemment, la mise en place d’un dispositif de veille d’appels d’offres dans des phases d’évaluation d’un dispositif de veille peut favoriser la réussite d’un projet de veille en le positionnant comme un véritable atout commercial directement chiffrable. Mais cette vision de l’intelligence économique reste réductrice : son intérêt va plus loin même si les métriques peuvent être plus complexes à obtenir pour les autres indicateurs de performance et de ROI d’un dispositif de veille.
L’acculturation constitue l’un des effets positifs d’une démarche d’Intelligence économique.
Permettre aux salariés bénéficiaires des produits de veille de mieux connaître leur environnement législatif, normatif, concur-rentiel mais également de percevoir également plus finement les tendances du marché.
L’intelligence économique permet par ailleurs de comprendre les différences entre différents pays.
Enfin, dans un environnement économique de plus en plus mouvant, dans lequel les parcours professionnels sont de moins en moins linéaires, la performance des équipes repose désormais sur leur capacité à inté-grer de nouvelles fonctions, à travailler dans un nouveau secteur d’activité, à s’y adapter et à en décrypter les modes de fonctionnement.

Rationaliser la quête et la diffusion de l’information

Dernier point à ne pas négliger, les dispositifs de veille et d’intelligence économique i doivent permettre une optimisation des processus de traitement de l’information. Cela inclut les moyens de la diffuser, de la stocker, de la retrouver. On se trouve aujourd’hui souvent face à des cadres confrontés à une surabondance de l’information allant même jusqu’à accaparer une part importante de leur temps de travail. Différentes études ont ainsi étudié le temps que consacrait un cadre en moyen au traitement de ses emails, ou bien encore le temps qu’il passait à chercher de l’information’ (5).
Les dispositifs de veille peuvent consacrer une partie de leurs moyens à diminuer l’impact de la surcharge Informationnelle en rationalisant les circuits de diffusion d’information et en facilitant l’accès aux données utiles aux décideurs. Voilà tout autant de points sur lesquels pourront porter une étude d’opportunité visant à étudier le retour sur investissement de la mise en place d’une démarche de veille et qui permettront de lever certains freins rencontrés en premier lieu.

Un autre des freins important qui s’oppose au déploiement d’une démarche d’intelligence économique est lié au partage d’information.

Si nombre de conférenciers en « intelligence économique » insistent sur le fait qu’une information n’est pleinement valorisée que lorsqu’elle est partagée, c’est à mon sens faire preuve d’une naïveté coupable de le croire.
L’information, comme on l’a vue tout d’abord a une valeur financière puisqu’elle peut avoir la capacité à générer des flux financiers.
Le partage de l’information et les droits d’accès
Dans une entreprise, une information a donc une valeur pour celui qui la détient. SI cette information peut servir les intérêts de l’entreprise elle peut également servir les fins propres de celui qui la diffusera et dont il pourra tirer un bénéfice (valorisation de sa fonction, de ses compétences, prime exceptionnelle, promotion…). Tous les projets d’intelligence économique sont donc confrontés aux problématiques de partage de l’information et aux droits d’accès.
Il n’y a pas de solution toute faite car l’im-portance de ce frein est étroitement liée à la culture de l’entreprise. On retrouvera ce frein de façon importante dans les entreprises du secteur de la finance et également dans le milieu industriel dans lequel l’importance du secret est souvent proportionnelle aux investissements en R&D consentis.
Pour diminuer l’impact de ce frein il faudra veiller à ce que l’information soir partagée et diffusée mais de façon limitée, à ceux qui en auront une utilité directe. On vérifiera également que les solutions logicielles utilisées s’il y a lieu dans le processus de veille garantissent une compartimentation de l’information fiable en regard des droits d’accès consentis.

On pourra par ailleurs s’assurer d’une meilleure volonté de partager l’information. On retrouve ainsi dans certains projets des systèmes de notations individuelles (nombre d’informations exploitables diffusées, nombre de rapports d’étonnement…) assorties éventuellement de primes (financières).
Dernier frein que nous pourrons aborder, celui de la complexité des solutions logicielles de traitement de l’information. Outil de crawling permettant d’extraire de l’information d’Internet, fournisseurs d’information type Factiva ou Lexis Nexis, outils de traduction automatique, cartographie de l’information, speech-to-text pour l’indexation des vidéos, moteurs de recherche (enterprise search), Enterprise Content Management.

Les phases de collecte, traitement et diffusion de l’information recoupent finalement une offre logicielle très hétérogène dans laquelle il est difficile de se retrouver. Il est par ailleurs encore plus compliqué pour un non informaticien de comprendre comment harmoniser au mieux ces logiciels et les concilier avec le système d’information existant.
Le projet d’intelligence économique qui était un projet orienté information peut rapidement se transformer en projet informatique.
Mais alors, y a-t-il des projets d’intelligence économique qui fonctionnent en entreprise ?
Oui. Et ils sont nombreux. On peut dire que la plupart des entreprises du CAC 40 sont aujourd’hui dotées de dispositifs de veille et d’intelligence économique. Ils en ont parfois d’ailleurs plusieurs : dans les filiales, dans les différentes Business Unit. Si la théorie de l’intelligence économique prône un dispositif centralisé, les entreprises ont rapidement compris que les freins organisationnels ne pouvaient pas être levés aussi facilement. En créant des cellules de veille à proximité des utilisateurs ils ont favorisé la réactivité, la proximité du service rendue et donc de la compréhension de la problématique et le niveau d’intégration des problématigues métiers par les veilleurs.


Les projets se multiplient… enfin

La cohérence générale est parfois garantie par un responsable groupe « intelligence économique » ou un responsable « sûreté » ou par un binôme de ces deux fonctions. On peut également retrouver des projets regroupant Knowledge Management et intelligence économique.
Ce qui ressort toutefois c’est la diversité des structures de pilotage de l’intelligence économique, les entreprises privilégiant la mise en place d’un dispositif opérationnel en s’appuyant sur des structures bénéficiant déjà d’un réseau internes de contri-buteurs et de lecteurs (études économigues, documentation, veille marketing…).
Enfin, l’e-reputation a favorisé la prise de conscience des enjeux de la veille sur Internet.
Internet a introduit un bouleversement des rapports de force entre consommateurs et entreprises.
Le web devient un moyen d’exposer les défaillances de la gestion de la relation clientèle de certaines entreprises voire même d’exposer la médiocrité de leurs produits ou services.
Les entreprises sont de plus en plus nombreuses à se lancer dans la mise en place d’une cellule de veille image en cherchant à pleinement l’intégrer à leur stratégie de communication et à leur gestion du risque (intégration de la problématique veille image dans une logique de communication de crise).
Par ailleurs, l’émergence de ce marché a favorisé les innovations technologiques et ergonomiques chez les éditeurs logiciels qui proposent des solutions orientées utilisateurs et dont les sorties (dashboards) ne sont pas sans rappeler certains outils issus du monde du décisionnel.
La plupart des entreprises ont de toute façon aujourd’hui compris la place majeure de l’information dans la prise de décision. Et c’est bien de cela dont il s’agit quand on parle d’intelligence économique : transformer l’information en une véritable matière première du dispositif productif !

(1) Intelligence économique et stratégie des entreprises – Henri MARTRE, Philippe CLERC, Christian HARBULOT – Commissariat Général du plan – Disponible à la Documentation Française – http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/074000410/index.shtml
(2)    « L’avantage concurrentiel » – Michael PORTER -1986.
(3)    On pourra par exemple consulter différentes normes Afnor sur l’évaluation du coût de la Qualité et des coûts de non qualité : Norme X50-126 : Gestion de la qualité – Guide d’évaluation des coûts résultant de la non-qualité ; Norme FD X50-180 : Management de la qualité – Défauts de contribution – Défauts liés à la non-qualité du travail dans la création et l’utilisation de la valeur ajoutée ; Norme ISO/TR 10014 : Lignes directrices pour le management des effets économiques de la qualité.
(4)    Source: Huber, 1980, cité dans Taylor, « Value-added Processes in Information Systems », 1986.

(5) L’étude « Intel’s War on Information Overload » menée par Basex et Intel et publiée fin 2009 montrait qu’un salarié d’Intel passait en moyenne 3 h par jours à traiter des emails dont 30 % de mails inutiles. C’est un sujet sur laquelle l’association Information Overload Research Group, qui regroupe chercheurs universitaires et enterprises, travaille et communigue régulièrement.

Cet article a été publié dans Qualité Références – Avril – Mai – Juin 2010 – Pages 37 à 39 dans un dossier spécial sur l’intelligence économique et la veille documentaire coordonné par J.-F. Romain

>> Télécharger l’article au format PDF

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http://www.actulligence.com/2010/08/09/intelligence-economique-et-veille-documentaire-sont-elles-reellement-implantees-dans-les-entreprises/feed/ 3
Offres d’emploi en intelligence économique : statistiques Pôle Emploi http://www.actulligence.com/2010/08/03/offres-demploi-en-intelligence-economique-statistiques-pole-emploi/ http://www.actulligence.com/2010/08/03/offres-demploi-en-intelligence-economique-statistiques-pole-emploi/#comments Tue, 03 Aug 2010 11:56:03 +0000 Frédéric Martinet http://www.actulligence.com/?p=1361 Septembre approche et avec lui la fin des stages. Bientôt des dizaines d’étudiants se rueront sur le marché du travail dans le secteur de l’intelligence économique et de la veille.

Les plus chanceux ne passeront pas par la case chômage, recrutés directement par l’entreprise les ayant prise en stage.

Les CV et les lettres de motivation, le social networking, vont devenir les préoccupations principales pour ceux qui n’auront pas anticipé la difficulté à s’insérer sur le marché de  l’emploi et ne pataugent pas déjà dedans.

Comme je le soulignais ici il y a quelques mois, désormais ces étudiants en recherche d’emplois ont une chance : la fonction intelligence économique est désormais reconnu à travers deux fiches métiers ROME : M1402 Conseil en organisation et management d’entreprise et M1403 Études et prospectives socio-économiques, que je vous invite à consulter qui sont par ailleurs téléchargeables au format PDF.

M1402 Conseil en organisation et management d\'entreprise (945)

M1403 Études et prospectives socio-économiques (878)

Cette première piste vous permettra peut être d’établir le dialogue avec les conseillers du Pôle Emploi ou de l’APEC ou autre qui, ne nous le cachons pas, sont peu nombreux à connaître l’existence même de l’intelligence économique.

Mais si cela fait maintenant plusieurs mois que cette nouvelle nomenclature existe combien cela représente-t’il d’offres d’emplois ?

Les chiffres en exclusivité sur Actulligence :) Toutes les statistiques ci-après sont issues directement des statistiques Pôle Emploi sur la période portant de janvier à juillet 2010.

M1403 Études et prospectives socio-économiques

Ce métier a donné lieu sur la période à 326 offres d’emplois en CDD et à 324 en CDI. Les missions en intérim restent quant à elles plus marginales avec 64 offres d’emploi.

Sans aucune surprise c’est la région Ile de France qui est la plus grande pourvoyeuse d’offres d’emplois dans le secteur avec plus de 37,5 % des offres tout type de contrat confondu.

Egalement encore sans aucune surprise, la région Rhône Alpes arrive en seconde position avec 13,6 des offres d’emploi en M1403.

C’est la PACA, le NordPas de Calais et la Bretagne qui sont les suivants de ce palmarès avec entre 43 et 34 contrats proposés sur la période.

Relativisons un peu tout de même en précisant que dans le meilleur des cas, les offres M1403 ne représentent que 0,09 % des offres d’emplois diffusés via Pôle Emploi et que cette pole position revient à la Guyane. En Ile de France cet indicateur s’établit à 0,07%

M1402 Conseil en organisation et management d’entreprise

Le conseil en organisation et management d’entreprise représente un volume approximativement équivalent puisque le Pôle Emploi a enregistré 655 offres d’emploi sur ce code ROME toujours de janvier à juillet 2010, tous types de contrats confondus.

Les offres d’emploi M1402 sont marquées par une forte disproportion entre CDD et CDI puisque les CDI sont proposés dans plus de 57,5 % des cas. L’Ile de France se démarque particulièrement sur cet indicateur puisque dasn 68 % des cas ce sont des offres d’emploi en CDI qui son proposées.

Ce sont là encore sans aucune surprise les régions d’Ile de France et de Rhône Alpes qui proposent le plus d’offres avec respectivement 232 offres et 73 offres d’emploi. Nord Pas de Calais (41), PACA(39) et Midi Pyrénées (32) suivent.

En proportion du nombre total d’offres ce sont la Martinique et la Réunion qui sont en tête toutefois, le nombre total d’offres (respectivement 9 et 10) étant assez faible il faut prendre garde à leur signification statistiques faible.

En Ile de France, 0,06% des offres d’emploi sont des offres rattachées au code ROME M1402.

En conclusion, mon petit complément personnel d’analyse que l’on ne voit pas à travers les chiffres.

Les codes ROME M1402 et M1403, bien que précisant des compétences en intelligence économique restent des métiers relativement « génériques » regroupant des compétences assez hétéroclites. L’intelligence économique n’en est pas une composante fondamentale et n’est d’ailleurs pas non plus un facteur discriminant qui vous permettra d’obtenir le poste. Vous pourrez prendre soin par exemple de mettre en avant plusieurs des compétences liées au fonction de ce métier.

Le code Rome M1402 propose par exemple de nombreuses appelations (Assistant / Assistante en organisation; Auditeur / Auditrice en organisation; Auditeur social / Auditrice sociale; Chef de projet en organisation; Conseiller / Conseillère en conduite du changement; Conseiller / Conseillère en organisation d’entreprise; Consultant / Consultante en intelligence économique; Consultant / Consultante en management; Consultant / Consultante en management qualité; Consultant / Consultante en organisation; Consultant / Consultante en organisation et management; Consultant / Consultante en stratégie/organisation; Consultant / Consultante ergonome; Consultant / Consultante pilotage de la performance; Directeur / Directrice qualité services; Ingénieur / Ingénieure – conseil en management; Ingénieur / Ingénieure – conseil en organisation; Ingénieur / Ingénieure en organisation; Responsable de la gestion et l’organisation administrative; Responsable des projets organisation; Responsable en intelligence économique; Responsable en knowledge management; Responsable en organisation; Responsable qualité services) mais une seule clairement estampillée intelligence économique… avec actuellement sur la France seulement 2 pauvres petites offres sur l’appellation Consultant Intelligence Economique.

Le marche de l’intelligence économique et de la veille est un marché hautement souterrain. Certaines offres d’emploi ne sont même pas publiées et parfois lorsqu’elles sont publiées elles le sont par respect des procédures internes mais les jeux sont souvent déjà faits.

Dans le processus de recherche d’emploi en veille et en intelligence économique, la construction d’un véritable réseau permettant d’accéder aux offres d’emplois en avant première ou bien de se faire recommander est un élément fondamental.

Il ne doit pas être pris à la légère et pour les étudiants les plus malins, ils auront entamés cette démarche bien avant la fin de leur stage.

Source : Statistiques internes Pôle Emploi Pôle Emploi STMT ( Statistiques Marché du Travail) -Statistique officielle diffusée par Pôle Emploi et la DRTEFP

Pour aller plus loin :

Trouver un job en IE :

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http://www.actulligence.com/2010/08/03/offres-demploi-en-intelligence-economique-statistiques-pole-emploi/feed/ 5