La veille en mobilité

Cet article est tiré du Guide pratique Archimag n°47 intitulé « Outils et efficacité d’un système de veille. » Vous pouvez les commander et retrouver l’intégralité des publications ainsi qu’un tableau récapitulatif des solutions de veille sur le site d’Archimag.

Dans la lignée de ce que nous évoquions concernant la veille en temps réel, la réalisation d’actions de veille en mobilité est en train de devenir une composante forte de notre métier. Particulièrement dans les processus de veille sur les activités sensibles (veille risque) ou bien dans la veille image et le community management, particulièrement pour les grandes marques et enseignes aux quelles il n’est pas pardonné de répondre tardivement sur les réseaux sociaux lorsqu’une crise survient.

La veille en mobilité est donc  importante pour :

  • Les community managers animateurs de communauté larges qui doivent pouvoir monitorer à tout moment leur communauté,
  • Les personnes impliquées dans un dispositif de veille aussi bien sur les phases de validation que de réactions aux contenus collectés (commentaires, go/no go pour action spécifique),
  • Les veilleurs œuvrant sur des projets de veille sensibles (Risk management).

Limites de la veille en mobilité

Cette liste n’est bien évidemment pas exhaustive mais toutefois avant de pousser au développement de la mobilité de la veille, le manager veille devra se demander si cela est vraiment nécessaire. En effet certains freins doivent être évoqués.

Tout d’abord travailler en réelle mobilité n’est pas toujours confortable et comporte donc plus de risque d’omissions, d’erreur d’appréciation à cause du bruit ambiant, de la taille limitée des écrans de travail, de la qualité des connexions Internet.

Ensuite, les connexions Internet ne sont pas toujours sécurisées hors de l’entreprise. Même si nombreuses sont les sociétés à proposer des VPN sécurisés, certaines autres proposent des connexions 3G, voire des connexions à des hotspots publics.

Si l’information de veille n’est pas toujours sensible, sur certains types de projet en veille technologique ou veille risque, la veille en mobilité devrait être limitée.

La veille en mobilité et la technologie

Les progrès technologiques permettent aujourd’hui de travailler dans de très bonnes conditions tout en restant en mobilité.

Le développement du SaaS survenu ces 10 dernières années,  et depuis 2008 le fort développement du cloud, permet désormais de synchroniser le travail réalisé à son bureau et à l’extérieur.

De la même façon le Cloud permet de développer des applications qui vont se connecter sur la même base de travail tout en proposant des interfaces utilisateurs dédiées et optimisées pour chacun des types de machine qui auront à se connecter sur la solution de veille.

Au final qu’il s’agisse des « apps » (iOS mobile ou ordinateur, Adroid voire Windows Mobile) ou bien des dernières évolutions de la programmation Web (HTML 5, CSS 3, responsive design), c’est autant de solutions qui permettent aux éditeurs ou aux veilleurs d’imaginer des applications mobiles.

Claires, allégées, synthétiques et permettant d’aller à l’essentiel, ces applications  permettent de proposer des interfaces optimisées pour faire face aux conditions de mobilité décrites préalablement.

Les acteurs de la veille en mobilité

La veille en mobilité a été rendue possible et nécessaire par le développement des smartphones et la généralisation de la 3G dans de nombreuses zones géographiques.

Il est clair que les SMS illimités, les applications Facebook, Tweetdeck, HootSuite, Twitter, Flipboard et consorts ont généralisé l’idée que l’information pouvait être accessible, “commentable” et rediffusable n’importe quand et n’importe où.

Elle a par ailleurs formaté les esprits donnant l’habitude pour les travailleurs du savoir d’un flux d’information continu stressant (je suis saturé d’information) mais aussi rassurant (si information il y a, je la recevrai).

Quels sont les acteurs et les solutions de veille en mobilité ?

Les grands acteurs du Web

Partant du principe que nombre de veilleurs utilisent des solutions grand public, gratuitement accessibles , il est évident que nous pouvons considérer Twitter, Google (dont Google Alerts et Google +), Facebook comme des solutions de veille à part entière. D’ailleurs il est évident que ces médias font tout pour que l’on soit obligé de passer directement par eux en tant que veilleur.  Et tous ces acteurs proposent bien évidemment des solutions mobiles permettant de faire toute ou partie des actions possibles sur le site original.

Les applications tierces

De nombreuses applications, permettent par ailleurs de se connecter sur Facebook,  Twitter, LinkedIn et autres via les APIs qu’elles proposent. Ces applications non officielles sont d’ailleurs parfois supérieures fonctionnellement à celles d’origine ou bien font tout simplement mieux en agrégeant plusieurs de ces médias à travers une seule interface. Ainsi Tweetdeck pour Twitter a finalement été racheté pour devenir le client desktop de twitter.com, HootSuite continue à se développer comme client Twitter multiplateformes et multicomptes. Flipboard de son côté reste une application de référence pour agréger différents contenus de veille et les rediffuser vers de nombreuses plateformes sociales.

Les solutions « professionnelles dédiées »

Les solutions de plateformes de veille françaises sont plusieurs à proposer des applications mobiles. Même si certaines accusent un retard c’est principalement car la nécessité n’était pas non plus absolue de disposer d’interfaces mobiles dans le monde de la veille stratégique.

Les plateformes de social media monitoring et engagement sont elles plus avancées en général dans le développement de leurs d’applications mobiles. Difficile de ne pas penser aux applications mobiles de Radian 6 sur iPhone ou iPad qui restent des exemples d’ergonomie aussi bien sur la partie monitoring des informations (lectures des contenus bruts), sur leur validation (suppression, affectation), que sur la partie engagement.

Les solutions sur mesure

Il ne faut pas limiter la veille aux solutions estampillées « veille » ou « curation » … La veille consiste à collecter, traiter de l’information et permettre son accès à ceux qui en ont besoin. Le développement des générateurs de portails ou d’intranets tels que SharePoint permettent aux DSI d’imaginer tout développement d’applications métier sur mesure y compris sur leurs applications mobiles. Par ailleurs les forces de vente sont de plus en plus régulièrement équipées d’iPad permettant de disposer d’une interface de présentation mais aussi d’une interface de saisie de leurs rapports de visite, rapports d’étonnements y compris. L’application mobile prend ici tout son sens : s’adressant à un personnel en mobilité non initialement dédié à la veille, en contact direct avec le terrain, le fait de disposer d’un matériel et d’une application de saisie à chaud permet d’éviter la perte de détails pouvant être liée à une saisie tardive.

Les solutions de RSE (Réseau Social d’Entreprise)

Les RSE peuvent également être considérés comme des applications de veille dans le sens où l’on peut partager de l’information et la commenter. Le tout à destination de communautés internes et ou externes.

Les RSE sont également de plus en plus nombreux à développer leurs applications mobiles.

La veille en mobilité hors application

La veille en mobilité ne repose pas que sur des applications mobiles.

Les versions Webs des solutions de veille restent aujourd’hui souvent accessibles sur ordinateur voire sur téléphone portable et parfois sans pertes fonctionnelles.

L’email reste un autre moyen de compléter efficacement la veille réalisée dans des conditions non nomades.

Ainsi il est tout à fait envisageable de paramétrer son dispositif de veille pour ne recevoir que les alertes les plus « importantes » par email et ainsi pouvoir valider ou rediffuser ces alertes à l’intérieur du dispositif de veille par simple email également.

En conclusion,  un exemple d’application mobile

Ushaidi est un bel exemple de la veille en mobilité. Conçue initialement pour permettre la remontée d’incidents dans des zones de conflits et plus particulièrement en Afrique, Ushaidi a réussi à composer avec des contraintes techniques fortes (couverture Internet mobile).

Ainsi Ushaidi permet à quiconque sur le terrain d’envoyer un SMS à un numéro de téléphone dédié. Chaque SMS est ensuite traité au niveau back office, qualifié, géolocalisé, et est intégré ou non à la publication en temps réel ouverte à tous.

Pour les zones couvertes par la 3G, des applications mobiles Android, iPad et iPhone permettent à la fois d’accéder aux résultats publiés, au back office de validation et à une interface de saisie.

Open Source, la solution peut être personnalisée de façon poussée et intègre, dans ses dernières évolutions, des traitements automatiques telles que l’extraction d’entités nommées permettant de dégager les noms de pays, de lieux et de géolocaliser les contenus automatiquement.

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  1. L'intelligence économique territoriale et l'apprentissage de la stratégie, l'état des lieux par CCI France | Vedocci - 25 janvier 2013

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